Allô… Ssi Nizar Baraka ? Benkirane a trouvé la solution !


Allô... Ssi Nizar Baraka, vous me recevez ? Arrêtez tout ! Suspendez immédiatement les projets de dessalement de l'eau de mer… Geler les programmes de transfert hydraulique... Rangez les études sur le stress hydrique... Annulez les réunions sur la sécheresse... Et, tant qu’à faire, prévenez les ingénieurs, les climatologues et les experts du secteur de l’eau... Nous avons trouvé la solution…



Par Mohammed Yassir Mouline

Après des années de recherches, des milliards de dirhams d'investissements et des centaines de rapports techniques, le remède miracle vient enfin d'être découvert… Et il ne se trouve ni dans les barrages, ni dans les stations de dessalement, ni dans les centres de recherche… Il se trouve entre les mains d'Abdelilah Benkirane…  La formule est désormais connue… « Si vous votez pour Benkirane ou pour le Parti de la justice et du développement, Dieu fera descendre Sa miséricorde, In Chaà  Allah… » !!
 
Voilà donc résolu ce qui préoccupait jusque-là les agriculteurs, les barrages, les autorités publiques et les spécialistes du climat… Ou comment la sécheresse marocaine pourrait, paraît-il, se régler dans l'isoloir plutôt que dans les barrages... La pluie ne dépendrait finalement ni des cycles météorologiques, ni du réchauffement climatique, ni de la pression atmosphérique… Elle dépendrait du résultat des élections… !!
 
Le Maroc découvre ainsi un concept révolutionnaire… la pluviométrie électorale… À partir de là, il faut aller jusqu'au bout de la logique… Si les électeurs accordent suffisamment de sièges au Parti de la justice et du développement, les nuages reviendront… Les retenues des barrages se rempliront... Les oueds retrouveront leur vigueur... Les récoltes seront sauvées et les bulletins météorologiques pourront être remplacés par les résultats du scrutin… !!
 
La Direction de la météorologie n'avait qu'à y penser plus tôt… Les satellites européens, les modèles climatiques américains et les stations de mesure installées aux quatre coins du Royaume auront donc travaillé pour rien… Quelques meetings de campagne suffiraient manifestement à résoudre une crise hydrique que le Maroc affronte depuis des années… !!
 
Le plus fascinant dans cette affaire n'est pourtant pas la déclaration elle-même…  Après tout, la politique produit régulièrement des formules destinées à marquer les esprits… Non… Le plus fascinant est ce qu'elle révèle… Car lorsqu'un parti lourdement sanctionné par les électeurs en 2021 revient devant l'opinion publique, on s'attend généralement à entendre un discours sur le bilan, les erreurs commises, les leçons tirées de l'expérience gouvernementale ou les réponses aux préoccupations des citoyens… !! On s'attend à entendre parler d'emploi, d'éducation, de santé, de pouvoir d'achat ou d'investissement… !! On ne s'attend pas à l'ouverture d'un bureau de prévisions météorologiques… !!
 
Manifestement, certains ont conclu que les promesses terrestres ne suffisaient plusAlors autant tenter les promesses célestes… À ce rythme, la prochaine campagne électorale risque de prendre une tournure inédite… Un parti promettra la croissance… Un autre promettra l'emploi… Un troisième promettra le logement… Et Benkirane promettra l'arrivée des perturbations atlantiques… !!
 
Les débats télévisés deviendront passionnants… Les journalistes ne demanderont plus : « Comment financerez-vous votre programme ? »… Ils demanderont : « Pouvez-vous garantir 400 millimètres de pluie supplémentaires sur les plaines agricoles ? »… Les instituts de sondage seront remplacés par les stations météorologiques… Les meetings électoraux seront suivis d'alertes aux précipitations… Et les résultats du scrutin seront peut-être annoncés en même temps que le bulletin météo national… iwa goulou Bazzz !!
 
Pourtant, derrière la satire se cache une réalité autrement plus sérieuse… Cependant, sous la direction du ministre de l'Équipement et de l'Eau, Nizar Baraka, le Maroc a intensifié sa politique de souveraineté hydrique… Les avancées comprennent le développement des « autoroutes de l'eau » (telles que l'interconnexion Sebou-Bouregreg), une augmentation significative des capacités de dessalement et le lancement récent d'un observatoire numérique pour surveiller ces grands projets en temps réel…  la poursuite des efforts visant à garantir l’approvisionnement en eau potable pour 100 % des citoyens dans l’ensemble des régions du Royaume, conformément aux Hautes Orientations Royales, et l’accélération de la réalisation des projets d’infrastructures hydrauliques dans notre pays...
 
De plus, le lancement de la plateforme digitale Maadialna  « Machi dyal Benkirane » et de l'Observatoire des projets, permettant aux citoyens et aux usagers de suivre l'évolution des infrastructures hydrauliques en toute transparence… Le Maroc mène aujourd'hui l'une des plus importantes batailles stratégiques de son histoire contemporaine… celle de l'eau… Barrages, dessalement, interconnexions hydrauliques, réutilisation des eaux usées, adaptation aux changements climatiques… des milliards sont investis pour répondre à un défi existentiel…
 
Face à ces enjeux, transformer la pluie en argument électoral ressemble moins à une vision politique qu'à un aveu de panne d'inspirationCar lorsqu'un responsable ne parvient plus à convaincre par les résultats, il cherche parfois refuge dans les symboles… Lorsqu'il manque d'arguments pour le présent, il invoque les signesEt lorsqu'il ne trouve plus de réponses sur terre, il lève les yeux vers le ciel… !!
 
Mais les Marocains ont souvent démontré qu'ils savaient distinguer la foi de la gestion publique, les convictions spirituelles des politiques publiques et les invocations des réalisations concrètes… Ils savent qu'un bulletin de vote peut changer un gouvernement… Ils savent qu'il peut renverser une majorité… Ils savent même qu'il peut bouleverser une carrière politique… Mais jusqu'à preuve du contraire, il n'a jamais changé la trajectoire des nuages… !!
 
Car lorsqu'un responsable politique commence à faire campagne auprès du ciel, c'est souvent qu'il craint de ne plus convaincre suffisamment sur terre… Et lorsqu'un parti cherche ses électeurs dans les nuages, c'est peut-être qu'il ne les trouve plus tout à fait au sol… iwa Allah Yarhamna min Aàndou… bla chi kamkoum … Wa Salam Aleykoum wa Rahmatou Allah.


Vendredi 5 Juin 2026

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