Bargach Larbi
Pas question pour moi de défendre qui que ce soit, mais il me semble nécessaire de mesurer, en toutes conscience, les enjeux de sa succession ?
L’avenir de Infantino importe peu ; ce qui se joue ici, c'est la dynamique inédite qu'il a su insuffler au football mondial. Sous sa présidence, la FIFA est parvenue à intégrer pleinement les petites nations au développement global, tout en séduisant un nombre record de grands sponsors. C'est un fait incontestable qu'il convient de souligner.
Ceci dit, le président de la FIFA vacille. Il est fragilisé par une image dégradée pour les raisons suivantes :
- Sa proximité assumée avec Donald Trump. Si cette alliance politique suscite de vives et légitimes critiques, il ne faut pas oublier qu'elle a permis d'orchestrer l'édition de la Coupe du monde la plus rentable (16 milliards de dollars de recettes) et la plus populaire (près de 7 millions de spectateurs) de l'histoire. Autre point : Face à une personnalité aussi imprévisible que celle du dirigeant américain, un autre président de la FIFA aurait-il pu négocier un tel succès sur le sol américain ? Rien n'est moins sûr. Ceferin ? Tebas ? Le Canadien ? Je ne sais pas, mais c'est une question que l'on devrait se poser.
- Sa tentative de privatisation commerciale : Bien qu'il soit rapidement revenu sur ce projet controversé, cette quête de revenus supplémentaires visait avant tout à financer le développement des fédérations les plus modestes. Il faut le dire. Il a eu tort mais c'était pour une bonne cause.
Ce deuxième point est intéressant et mérite que l'on s'y attarde. Dans leur lettre ouverte exigeant sa démission, les fédérations les plus puissantes (Europe, Asie, Amérique du Nord) tentent de rassurer les soutiens du Président de la Fifa. Ils s'engagent à maintenir le programme de redistribution généreux en faveur des petites fédérations ainsi que le passage du Mondial à 48 équipes. Toutefois, leurs omissions sont révélatrices sur deux points :
- Le Mondial des clubs : La coalition reste muette sur cette compétition que l'UEFA cherche ouvertement à supprimer, alors qu'elle constitue un levier financier et sportif crucial pour l'essor des clubs des continents moins favorisés.
- L'arbitrage vidéo (VAR) : Aucun mot non plus sur cette divergence de fond entre la FIFA, qui souhaite renforcer l'impact technologique pour garantir l'équité, et l'UEFA, qui entend restreindre la VAR aux seules erreurs manifestes.
Au final il faut dire que derrière la remise en cause d'un homme se cache ainsi une lutte d'influence majeure : celle des géants du football mondial qui cherchent à maintenir leur contrôle sur les ressources financières (la politique de redistribution doit rester limitée) et sur les talents (plus de 50% des meilleurs talents du football mondial sont d'origines africaines mais jouent pour l'Europe).
L’avenir de Infantino importe peu ; ce qui se joue ici, c'est la dynamique inédite qu'il a su insuffler au football mondial. Sous sa présidence, la FIFA est parvenue à intégrer pleinement les petites nations au développement global, tout en séduisant un nombre record de grands sponsors. C'est un fait incontestable qu'il convient de souligner.
Ceci dit, le président de la FIFA vacille. Il est fragilisé par une image dégradée pour les raisons suivantes :
- Sa proximité assumée avec Donald Trump. Si cette alliance politique suscite de vives et légitimes critiques, il ne faut pas oublier qu'elle a permis d'orchestrer l'édition de la Coupe du monde la plus rentable (16 milliards de dollars de recettes) et la plus populaire (près de 7 millions de spectateurs) de l'histoire. Autre point : Face à une personnalité aussi imprévisible que celle du dirigeant américain, un autre président de la FIFA aurait-il pu négocier un tel succès sur le sol américain ? Rien n'est moins sûr. Ceferin ? Tebas ? Le Canadien ? Je ne sais pas, mais c'est une question que l'on devrait se poser.
- Sa tentative de privatisation commerciale : Bien qu'il soit rapidement revenu sur ce projet controversé, cette quête de revenus supplémentaires visait avant tout à financer le développement des fédérations les plus modestes. Il faut le dire. Il a eu tort mais c'était pour une bonne cause.
Ce deuxième point est intéressant et mérite que l'on s'y attarde. Dans leur lettre ouverte exigeant sa démission, les fédérations les plus puissantes (Europe, Asie, Amérique du Nord) tentent de rassurer les soutiens du Président de la Fifa. Ils s'engagent à maintenir le programme de redistribution généreux en faveur des petites fédérations ainsi que le passage du Mondial à 48 équipes. Toutefois, leurs omissions sont révélatrices sur deux points :
- Le Mondial des clubs : La coalition reste muette sur cette compétition que l'UEFA cherche ouvertement à supprimer, alors qu'elle constitue un levier financier et sportif crucial pour l'essor des clubs des continents moins favorisés.
- L'arbitrage vidéo (VAR) : Aucun mot non plus sur cette divergence de fond entre la FIFA, qui souhaite renforcer l'impact technologique pour garantir l'équité, et l'UEFA, qui entend restreindre la VAR aux seules erreurs manifestes.
Au final il faut dire que derrière la remise en cause d'un homme se cache ainsi une lutte d'influence majeure : celle des géants du football mondial qui cherchent à maintenir leur contrôle sur les ressources financières (la politique de redistribution doit rester limitée) et sur les talents (plus de 50% des meilleurs talents du football mondial sont d'origines africaines mais jouent pour l'Europe).