Architectes : Une profession en crise qui parle aussi du modèle urbain


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Mercredi 22 Avril 2026

Les architectes marocains dénoncent une crise profonde de leur profession. Le malaise n’est pas anodin. Quand les architectes tirent la sonnette d’alarme, ce n’est pas seulement une corporation qui exprime un malaise économique. C’est aussi un symptôme de la manière dont un pays produit sa ville, son habitat, son cadre de vie, ses arbitrages entre qualité, coût, vitesse et vision à long terme.



La profession évoque des difficultés économiques, une concurrence devenue rude, des déséquilibres de marché. En filigrane, on entend autre chose : la place de la conception dans la chaîne de production bâtie se fragilise. Or lorsque la valeur de l’architecture recule, ce n’est pas seulement le revenu des architectes qui souffre. C’est parfois la qualité urbaine elle-même qui se banalise, avec des projets plus standardisés, moins ambitieux, plus compressés par des logiques de rendement immédiat.

Le sujet mérite une lecture plus large. Dans un Maroc qui construit beaucoup et qui continue de transformer ses territoires, la crise des architectes interroge le rapport entre développement et exigence. Veut-on seulement bâtir vite, ou bâtir juste ? La profession réclame des mesures. Elle pose surtout, en creux, une question de civilisation urbaine que l’on préfère souvent repousser jusqu’au jour où le paysage, lui, a déjà tranché.




Mercredi 22 Avril 2026
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