Car elle suppose que l’artisanat serait incomplet, qu’il lui manquerait quelque chose, qu’il aurait besoin d’un regard extérieur pour exister.
Or, rien n’est plus faux. L’artisanat est une forme complète d’intelligence. Une intelligence entre connaissance codifiée et connaissance tacite. Le maâlem mobilise une connaissance incorporée, transmise par le geste, que ni l’art ni l’IA ne peuvent remplacer.
L’apprentissage s’y fait par le learning by doing : observer, imiter, se tromper, recommencer.
Au cœur de ce système, il y a la relation Maâlam–apprenti, fondée sur la transmission d’une attitude : patience, exigence, respect de la matière, sens du détail. C’est cette relation qui produit la qualité et la profondeur du geste.
En tant que peintre, informaticien et Wald Maâlam caftanier, je n’oppose pas ces domaines. Je ne crée pas de hiérarchie entre eux.
Ils se nourrissent mutuellement, se répondent, se rejoignent dans ma pensée, sans se confondre. L’informatique structure, la peinture exprime, l’artisanat incarne.
L’apprentissage s’y fait par le learning by doing : observer, imiter, se tromper, recommencer.
Au cœur de ce système, il y a la relation Maâlam–apprenti, fondée sur la transmission d’une attitude : patience, exigence, respect de la matière, sens du détail. C’est cette relation qui produit la qualité et la profondeur du geste.
En tant que peintre, informaticien et Wald Maâlam caftanier, je n’oppose pas ces domaines. Je ne crée pas de hiérarchie entre eux.
Ils se nourrissent mutuellement, se répondent, se rejoignent dans ma pensée, sans se confondre. L’informatique structure, la peinture exprime, l’artisanat incarne.
Sur l’un de mes tableaux, un motif de dabana a été réalisé par un Maâlam directement sur la toile.
J’y ai ensuite ajouté, à l’acrylique, des couleurs et des textures avec mes pinceaux et mon couteau.
Cette œuvre n’est ni une œuvre artisanale ni une œuvre purement picturale. Elle est une œuvre témoin : celle d’un dialogue entre formes d’intelligence différentes, respectées dans leur nature.
Dire qu’il faut sauver l’artisanat par l’art ou par l’IA, c’est ignorer cette profondeur. C’est croire que l’on peut remplacer la transmission par la communication, le geste par l’image, l’expérience par le calcul. C’est une illusion. Car ce que l’on prétend sauver, ce sont les formes visibles, alors que l’essentiel est invisible.
L’artisanat n’a pas besoin d’être sauvé. Mais il peut disparaître.
Non pas faute d’art ou de technologie, mais faute de transmission, de reconnaissance, de temps et de continuité. Lorsque la relation Maâlam–apprenti disparaît, lorsque le learning by doing est affaibli, lorsque la connaissance tacite est ignorée, alors le système se fragilise.
La vraie question n’est donc pas de savoir s’il faut sauver l’artisanat. La vraie question est de savoir si nous sommes encore capables de reconnaître une intelligence qui ne se formalise pas. Ce ne sont pas les systèmes qui sauvent le geste.
Ce sont les systèmes qui doivent réapprendre du geste, du tacite et du temps long.
Par Dr Az-Eddine Bennani.
Cette œuvre n’est ni une œuvre artisanale ni une œuvre purement picturale. Elle est une œuvre témoin : celle d’un dialogue entre formes d’intelligence différentes, respectées dans leur nature.
Dire qu’il faut sauver l’artisanat par l’art ou par l’IA, c’est ignorer cette profondeur. C’est croire que l’on peut remplacer la transmission par la communication, le geste par l’image, l’expérience par le calcul. C’est une illusion. Car ce que l’on prétend sauver, ce sont les formes visibles, alors que l’essentiel est invisible.
L’artisanat n’a pas besoin d’être sauvé. Mais il peut disparaître.
Non pas faute d’art ou de technologie, mais faute de transmission, de reconnaissance, de temps et de continuité. Lorsque la relation Maâlam–apprenti disparaît, lorsque le learning by doing est affaibli, lorsque la connaissance tacite est ignorée, alors le système se fragilise.
La vraie question n’est donc pas de savoir s’il faut sauver l’artisanat. La vraie question est de savoir si nous sommes encore capables de reconnaître une intelligence qui ne se formalise pas. Ce ne sont pas les systèmes qui sauvent le geste.
Ce sont les systèmes qui doivent réapprendre du geste, du tacite et du temps long.
Par Dr Az-Eddine Bennani.