Art Paris 2026 : Sara Ouhaddou remporte le Prix BNP Paribas Banque Privée


Rédigé par le Vendredi 10 Avril 2026

À Art Paris, Sara Ouhaddou décroche le Prix BNP Paribas Banque Privée 2026 pour une œuvre sur la transmission et le langage inspirée de l’artisanat marocain.



La designer franco-marocaine Sara Ouhaddou a remporté, mercredi à Paris, la troisième édition du Prix BNP Paribas Banque Privée « Un regard sur la scène française », distinction qui salue le parcours d’un artiste vivant évoluant sur la scène française, a annoncé le jury.

La lauréate a été choisie parmi 16 artistes nommés par le commissaire invité de l’édition 2026, Loïc Le Gall, dans le cadre du « parcours thématique Babel – Art et langage en France ». Le prix lui a été remis lors de l’inauguration de la 28e édition d’Art Paris, au Grand Palais, foire qui se tient jusqu’au 12 avril.

Plaçant la notion de transmission au cœur d’une œuvre nourrie par l’artisanat marocain, Sara Ouhaddou s’est dite très émue par cette reconnaissance, qu’elle voit comme la validation d’« une œuvre exigeante » et d’« un écosystème essentiel à la vitalité de la création artistique ». Elle a salué la confiance accordée au travail collaboratif mené depuis dix ans avec des artisans, qualifié « d’aventure humaine extraordinaire », mis en lumière à Art Paris via la galerie Polaris qui présente ses pièces réalisées au Maroc.

Justifiant le choix du jury, Loïc Le Gall, directeur de Passerelle, centre d’art contemporain à Brest, a souligné la force d’un travail qui « explore le langage comme un système de signes inscrit dans des histoires culturelles, sociales et politiques souvent situées à la marge des récits dominants ». À travers céramique, sculpture, installation ou dessin, l’artiste interroge « la circulation, la transformation, la transmission ou la disparition des formes, motifs et gestes », a-t-il précisé.

Le Gall a également mis en avant « un travail absolument remarquable sur la question de la transmission, sur la question d’écrire de l’art », en écho au programme « Babel, Art et langage en France », qui interroge la manière dont une œuvre s’adresse au public, écrit une poésie et fait vivre des traditions et des histoires. Le jury retient qu’avec Ouhaddou, le langage dépasse l’écriture pour se déployer dans des alphabets vernaculaires, des motifs décoratifs, des codes artisanaux et des pratiques issues de traditions orales, où mémoire et geste assurent la transmission du sens.

Cette attention aux savoir-faire à ce qui s’acquiert par la répétition, l’usage et l’expérience inscrit son œuvre dans une continuité culturelle vivante plutôt que dans une archive figée, faisant écho aux réflexions d’Amadou Hampâté Bâ sur l’oralité et le geste comme formes essentielles de connaissance.

Doté de 40 000 euros, le Prix BNP Paribas Banque Privée réunit un jury composé de personnalités du monde de l’art aux parcours complémentaires et soutient à la fois la carrière de l’artiste et le travail de sa galerie, en faveur de la promotion des œuvres et de leur rayonnement.

Parallèlement à cette distinction, Sara Ouhaddou figure aussi parmi les 12 finalistes de l’édition 2026 du Prix Her Art dédié aux artistes femmes, qui sera attribué samedi dans le cadre d’Art Paris.

Née en 1986, la designer a exposé à l’international, notamment au Mucem (Marseille), au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía (Madrid), au Z33 (Hasselt), au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo, à l’Institut des Cultures d’Islam, au Bauhaus de Dessau et à la Cité internationale des arts de Paris. Elle s’était fait remarquer en 2016 comme l’une des trois lauréates du concours « Wings of Africa » de Royal Air Maroc pour l’habillage de trois avions.

 




Vendredi 10 Avril 2026
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