Assurances : un sommet à 64,3 milliards DH, tiré par l’épargne et l’automobile en 2025


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 3 Mars 2026

Le secteur des assurances franchit un cap historique avec 64,3 milliards de dirhams de primes en 2025, en hausse de 7,9%. Derrière cette performance, deux piliers structurants : l’épargne en dirhams et l’assurance automobile. Une dynamique qui confirme la solidité d’un marché devenu stratégique pour l’économie nationale.



Le chiffre est clair : 64,3 milliards de dirhams de chiffre d’affaires (hors réassureurs exclusifs) en 2025. Soit une progression annuelle de 7,9%. À première vue, cela peut sembler technique. En réalité, c’est un signal fort. Dans un environnement international marqué par des incertitudes persistantes, le secteur des assurances démontre une capacité d’adaptation et une profondeur financière qui forcent le respect.
 

La branche Vie concentre 29,47 milliards de dirhams de primes, en hausse de 8,6% sur un an. Elle représente près de 46% du marché global. Le moteur principal reste l’épargne en dirhams, qui totalise 23,58 milliards de DH (+6,4%). Ce segment confirme l’attachement des ménages à des produits sûrs, lisibles, peu exposés à la volatilité. Dans les agences bancaires comme chez les intermédiaires, la demande reste soutenue. Les conseillers le disent souvent : “les clients veulent de la stabilité”.
 

Plus spectaculaire, l’épargne en unités de compte atteint 2,23 milliards de DH, avec une envolée de 43,8%. Le volume reste modeste, mais la progression est révélatrice. Elle traduit une montée en culture financière d’une partie des assurés, notamment les jeunes actifs et les entrepreneurs, plus ouverts à des supports diversifiés. La garantie décès, de son côté, génère 3,66 milliards de DH de primes (+6,4%), confirmant son rôle essentiel de protection familiale.
 

La branche Non-Vie pèse 34,85 milliards de dirhams, soit 54% du marché, en hausse de 7,3%. L’assurance automobile demeure la locomotive incontestée avec 16,41 milliards de DH (+8,2%). À elle seule, la responsabilité civile automobile représente 13,42 milliards de DH (+7,3%). Ce poids structurel reflète l’élargissement du parc automobile et le caractère obligatoire de cette couverture.
 

Les accidents corporels atteignent 6,02 milliards de DH (+7,1%), dont 5,20 milliards pour la maladie (+8,0%). La branche Accidents du travail et Maladies professionnelles totalise 2,84 milliards de DH (+3,2%). Ces chiffres rappellent que la protection des salariés et la couverture santé restent des enjeux majeurs dans un contexte de généralisation progressive de la protection sociale.
 

D’autres segments participent à la dynamique. L’assistance s’établit à 1,70 milliard de DH (+8,7%). Les événements catastrophiques atteignent 690,4 millions de DH (+8,2%). Le crédit-caution s’élève à 341,6 millions de DH (+11,9%). À noter également la forte progression des risques techniques, qui culminent à 665,6 millions de DH, en hausse de 74,9% l’une des croissances les plus marquées de l’exercice. À l’inverse, l’incendie affiche 2,48 milliards de DH, en quasi-stagnation (+0,2%), signe d’un segment plus mature.
 

La structure du marché reste dominée par ses fondamentaux : l’épargne en dirhams arrive en tête, suivie de l’automobile, des accidents corporels, des garanties décès et du segment AT & MP. Cette hiérarchie traduit un équilibre entre sécurité financière des ménages et couverture des risques du quotidien.
 

Sur le plan financier, les placements affectés des entreprises d’assurances et de réassurance atteignent 232,66 milliards de dirhams au 31 décembre 2025, en progression de 1,2% par rapport au troisième trimestre 2025. Les actifs de taux représentent 109,17 milliards de DH (47% du total), les actions 100,39 milliards de DH (43%) et l’immobilier 14,42 milliards de DH, dont 7,84 milliards investis en OPCI (6%). Une allocation prudente, équilibrée entre rendement et sécurité.
 

À l’échelle internationale, le secteur conserve sa 48e place mondiale en 2024. Il demeure 3e dans le monde arabe, derrière l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, et 2e en Afrique derrière l’Afrique du Sud. La performance enregistrée en 2025 devrait consolider cette position.
 

Au-delà des statistiques, une réalité s’impose : l’assurance s’installe durablement dans les habitudes économiques. Elle accompagne l’épargne, protège les familles, sécurise les entreprises. Ce record n’est pas seulement un chiffre. C’est le reflet d’un secteur plus robuste, plus structuré, et désormais incontournable dans l’architecture financière du pays.





Mardi 3 Mars 2026
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