Au Maroc, nation et monarchie sont consubstantielles


Pour certains, la monarchie reste l’expression d’un contre-modèle de leurs idéologies et des formes "progressistes" qu'elles ont eues sous des latitudes régionales, continentales, voire tiers-mondistes.



Par Mustapha Sehimi

A lire ou à écouter en podcast :  (1.74 Mo)

Cette affaire Pegasus, n'est-ce pas là un "remake" d'une vieille recette? Celle-ci utilise, suivant des modalités variables, une boîte à outils -pratiquement un invariant. Le menu de base? L'hostilité à l'endroit du Maroc. Puis, comme à la carte, telle ou telle focalisation: l'Etat de droit malmené; les libertés aussi; la situation dans le Sahara marocain -sans parler de l’enfourchement d'autres thèmes à l'occasion.

 

Le précédent Règne a dû faire face durant près de quatre décennies à tant de menées politiques et médiatiques connues; le Nouveau Règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI s'est trouvé lui aussi dans une situation comparable, mutatis mutandis. Sauf à préciser que les multiples parties prenantes, évoluant dans le même bassin, ont eu bien des difficultés à tenter de revalider leur procès d'hier. Grands chantiers, réformes politiques, une nouvelle Constitution: autant d'acquis et d'avancées qui rendaient peu audibles et si peu crédibles une hostilité récurrente. Celle-ci s'échine pourtant à rebondir soit sur des questions particulières, soit dans le cadre d'un agenda lié, lui, à un calendrier politique ou officiel du Royaume.

 

Ils n'ont rien compris! Ils continuent! Nous aussi! Pour reprendre une formule qui a fait florès, "on ne lâchera rien". De quoi s'agit-il? De démonter ce qu'allèguent Forbidden Stories et Amnesty International. Des faits probants, matériels et avérés, sont-ils produits? Aucunement. A bon droit, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita a dénoncé un "écran de fumée", "un coup de bluff" -un leurre... L’on a en effet affaire qu'à de "pures supputations" à propos de d'un prétendu espionnage du Maroc, en particulier en France.

 

C'est se faire une piètre idée de l'appareil sécuritaire marocain que de croire qu'il se serait livré à une telle opération. Son professionnalisme plaide pour lui et les grandes chancelleries le reconnaissent, qui saluent tout le temps son efficacité et sa maîtrise. Les mêmes ne manquent pas, régulièrement d'ailleurs, de s'en féliciter: ce même appareil sécuritaire leur a permis de prévenir et de neutraliser tant d'opérations terroristes sur leur sol. Dans la présente campagne contre le Maroc, les appareils sécuritaires de ces mêmes pays sont en retrait, confondus par ce qu'entreprend depuis une semaine certains pans politiques, institutionnels et autres, mobilisés à tous égards contre le Maroc. Tous ces milieux, relayés par des officines, n'ont qu’un ordre de jour dans leur feuille de route.

 

Peine perdue! Pour certains, en effet, la monarchie reste l’expression d’un contre-modèle de leurs idéologies et des formes "progressistes" qu'elles ont eues sous des latitudes régionales, continentales, voire tiers-mondistes. Ils ont, durant des décennies, " fait la réclame" d'autres pays engagés dans l'édification d'un socialisme, gage de lendemains qui chantent et d'un avenir radieux. Qu'en est-il? Un sinistre généralisé, des économies hoquetantes, exsangues, immergées dans un mal-développement. Quant à l'épanouissement citoyen, le tableau est tout aussi sombre, avec des régimes étouffant leurs peuples et ne servant que les intérêts et la survie, comme le voisin de l’est, qui est l'archétype de cette pathologie institutionnelle et politique…

 

Ce qui gêne, ce qui dérange et demeure ingérable et même intolérable pour tous ces adversaires du Royaume, c'est que le Maroc tient bon, et qu'il avance. Il bénéficie d'un socle de légitimité millénaire enraciné au plus profond de sa formation sociale historique, qui lui a façonné sa nature et son visage aujourd'hui. Nation et monarchie sont consubstantielles. Un substrat structurant dans le legs des siècles et la mémoire collective. Tout Marocain est pétri par ce référentiel où la monarchie est présente, garante, protectrice, veillant de manière ombrageuse sur ce que le général De Gaulle appelait l'"essentiel national". Le pluralisme social est une réalité; la vie politique n'a pas toujours été un "long fleuve tranquille" -un signe, après tout, d'une vitalité revigorante et d'une dialectique en marche.

 

Mais le Maroc a toujours surmonté toutes les épreuves, tant celles de la libération que celle de l'unité territoriale. Il capitalise ainsi une vieille expérience. Du savoir-faire. Et une capacité à s'unir et à se rassembler sous la conduite de son Roi. Une histoire donc recrue d'épreuves; elle n'est jamais lasse cependant de foncer sur les chiffons rouges. Sa Majesté le Roi Mohammed VI mesure cette charge et l'assume pleinement. Depuis des années, s'est ainsi affirmée –et souvent avec éclat– sa ferme volonté de faire face, dans un monde confronté à tant de bouleversements.

 

Ces derniers mois, avec les deux tensions diplomatiques intervenues avec Madrid et Berlin, la diplomatie marocaine a été à la hauteur de sa mission: le respect des principes d'un partenariat privilégié et, partant, celui des "lignes rouges" touchant l'unité nationale et l'intégrité territoriale du Royaume. Lors des années précédentes, en différentes circonstances, d'autres illustrations en ont été données. Et il faut de plus noter ce fait: plus le Maroc s'affirme comme puissance régionale, plus les manœuvres et les menées de certains se multiplient.

 

Les motivations -ou plutôt les desseins- de ceux qui sont ainsi à la manœuvre ne relèvent pas d’un seul paramètre, tant s’en faut. C’est en effet tout un entrelacs d’intérêts et de visées plurielles mais convergeant toutes dans ce seul registre: l’hostilité envers le Maroc. Une hostilité encore prégnante dans certains milieux de la mouvance socialiste et ceux des "droits de l’hommistes" ou d’autres sensibilités voisines. Une hostilité qui est aussi la première strate de cet état d’esprit prévalant depuis plus d'un demi-siècle. S'y superpose aujourd'hui une seconde strate: celle du redéploiement de la politique étrangère en Afrique et ailleurs. Des domaines jusqu’alors réservés, relevant d'anciennes puissances coloniales, se trouvent ainsi bousculés, fragilisés et réduits. Globalement, le Maroc met en œuvre une autre approche, tournant le dos au tutorat et marquée du sceau du service de la paix, de la stabilité et du codéveloppement.

 

Le Souverain s’est attaché à une conduite de la diplomatie qui se distingue par des marqueurs: la paix et la stabilité, avec son corollaire, celui du rejet des influences étrangères; la concertation et le dialogue comme doctrine, alors que prévalent les coups de force et les politiques unilatérales; l'ouverture à l'international et une forte exposition et insertion dans la mondialisation, avec une centaine d'accords de libre-échange conclus avec pas moins de 54 pays.

 

Cette philosophie des relations internationales a été voulue par le Souverain. Et elle a une identité. Une visibilité. Et une lisibilité. Elle ébranle bien des carcans du passé, pesant encore sur les rapports entre les Etats. Elle est productrice et exportatrice de paix de solidarité. De coopération. Et de partenariat. Elle bénéficie de la totale adhésion des composantes de la communauté nationale. C'est un autre Maroc qui est en marche. Un Maroc respectueux des autres, mais sourcilleux et intransigeant sur le respect qui doit lui être exprimé.

 

Un Maroc mobilisé autour de son Roi et qui n'hésitera pas à faire face -et front- le cas échéant. Que les bonnes âmes derrière cette affaire de logiciel espion se le disent: leur dénonciation ne va pas manquer. Elles seront mise à nu devant l'opinion internationale. Elles vont devoir de nouveau, on le sait, trouver autre chose. Notre veille et notre vigilance n'en seront que davantage renforcées.

Par Mustapha Sehimi sur https://le360.ma


Mardi 27 Juillet 2021

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