Le long-métrage marocain « Autisto » du réalisateur Jérôme Cohen-Olivar s’est distingué sur la scène internationale en décrochant le Prix de l’interprétation exceptionnelle au Festival international du film de Fort Lauderdale. Une consécration qui s’inscrit dans la dynamique florissante du cinéma marocain et souligne sa capacité à aborder, avec exigence artistique, des sujets profondément humains.
Ce prix revêt une portée particulière puisqu’il récompense la qualité du jeu d’acteur et la capacité à restituer, avec justesse et intensité, des émotions complexes. Une alchimie qui confère au film une puissance expressive singulière, dans un rendez-vous cinématographique réputé pour son niveau d’exigence et la diversité de ses propositions.
« Autisto » poursuit sa tournée dans plusieurs festivals internationaux, suscitant l’intérêt conjoint de la critique et du public grâce à sa lecture sensible d’un thème social et humain d’une grande complexité. Soutenu par le Centre cinématographique marocain, le film propose une vision qui ouvre une fenêtre sur la réalité des mères célibataires élevant des enfants autistes, confrontant le spectateur à une expérience rude où se croisent fragilités individuelles, dureté sociale et manques persistants dans des secteurs essentiels tels que l’éducation, la santé et l’accompagnement psychologique.
D’une durée de 103 minutes, le film s’appuie sur une distribution solide, portée par Loubna Abidar dans un rôle central d’une grande délicatesse, aux côtés de Sandia Tajdin, Hamza El Tahri, Abderrahim El Kharrâz, Youssef Bouguera Ezzina, le regretté Ismaïl Aboul Qanater, Raouia et Abdellah Chakeri. Ensemble, ils livrent une partition collective équilibrée à la hauteur de la gravité du sujet et de la densité des personnages.
Dès les premières scènes, Cohen-Olivar délaisse le rythme soutenu pour privilégier une construction dramatique fondée sur l’accumulation psychique et le soin du détail, seul à même de donner toute sa profondeur à l’expérience humaine. Au cœur du récit, l’histoire de Malika, mère célibataire confrontée, seule, à la charge d’un enfant atteint d’autisme sévère. Sa vie oscille entre les soins quotidiens éprouvants et la quête d’un minimum de dignité matérielle, sous le regard social méfiant posé sur la différence.
Le récit atteint son point de tension avec un événement tragique qui bouleverse le destin de Malika et la conduit à un choix déchirant : placer son fils dans une structure spécialisée. Une décision qui condense le combat intérieur entre l’instinct maternel et les limites de l’endurance humaine.
Sous sa simplicité apparente, « Autisto » pose des questions incisives sur le sens de la maternité et les frontières du sacrifice, tout en exposant la stigmatisation persistante touchant les familles d’enfants différents, dans un contexte où les dispositifs de soutien restent insuffisants.
Le choix de l’autisme porte chez le cinéaste une résonance intime : il a confié que son fils est concerné par ce trouble, ce qui infuse au film une vérité émotionnelle perceptible dans ses détails, sans en faire pour autant un récit autobiographique. Cohen-Olivar précise ne pas chercher à « expliquer » l’autisme, mais à transmettre le ressenti de la solitude, de la peur et de l’épuisement quotidien, loin de toute facilité didactique ou mélodramatique.
Sur le plan formel, « Autisto » s’éloigne de la veine fantastique présente dans certaines œuvres antérieures du réalisateur au profit d’un réalisme rigoureux, cohérent avec son sujet. La caméra accompagne les personnages sans afféterie ; le tempo lent restitue le poids du temps; lumières et ombres deviennent des ressorts narratifs traduisant l’isolement et l’oppression psychique.
Le film exploite aussi la puissance du silence : il devient un langage à part entière, miroir du monde intérieur de l’enfant autiste et de la solitude de la mère au sein d’une société bruyante mais peu à l’écoute. L’autisme n’y est pas présenté comme une « maladie », mais comme une manière différente d’habiter le réel : l’enfant Adam évolue dans un univers singulier, régi par des rythmes et des sensations qui n’appartiennent qu’à lui.
'
Ce prix revêt une portée particulière puisqu’il récompense la qualité du jeu d’acteur et la capacité à restituer, avec justesse et intensité, des émotions complexes. Une alchimie qui confère au film une puissance expressive singulière, dans un rendez-vous cinématographique réputé pour son niveau d’exigence et la diversité de ses propositions.
« Autisto » poursuit sa tournée dans plusieurs festivals internationaux, suscitant l’intérêt conjoint de la critique et du public grâce à sa lecture sensible d’un thème social et humain d’une grande complexité. Soutenu par le Centre cinématographique marocain, le film propose une vision qui ouvre une fenêtre sur la réalité des mères célibataires élevant des enfants autistes, confrontant le spectateur à une expérience rude où se croisent fragilités individuelles, dureté sociale et manques persistants dans des secteurs essentiels tels que l’éducation, la santé et l’accompagnement psychologique.
D’une durée de 103 minutes, le film s’appuie sur une distribution solide, portée par Loubna Abidar dans un rôle central d’une grande délicatesse, aux côtés de Sandia Tajdin, Hamza El Tahri, Abderrahim El Kharrâz, Youssef Bouguera Ezzina, le regretté Ismaïl Aboul Qanater, Raouia et Abdellah Chakeri. Ensemble, ils livrent une partition collective équilibrée à la hauteur de la gravité du sujet et de la densité des personnages.
Dès les premières scènes, Cohen-Olivar délaisse le rythme soutenu pour privilégier une construction dramatique fondée sur l’accumulation psychique et le soin du détail, seul à même de donner toute sa profondeur à l’expérience humaine. Au cœur du récit, l’histoire de Malika, mère célibataire confrontée, seule, à la charge d’un enfant atteint d’autisme sévère. Sa vie oscille entre les soins quotidiens éprouvants et la quête d’un minimum de dignité matérielle, sous le regard social méfiant posé sur la différence.
Le récit atteint son point de tension avec un événement tragique qui bouleverse le destin de Malika et la conduit à un choix déchirant : placer son fils dans une structure spécialisée. Une décision qui condense le combat intérieur entre l’instinct maternel et les limites de l’endurance humaine.
Sous sa simplicité apparente, « Autisto » pose des questions incisives sur le sens de la maternité et les frontières du sacrifice, tout en exposant la stigmatisation persistante touchant les familles d’enfants différents, dans un contexte où les dispositifs de soutien restent insuffisants.
Le choix de l’autisme porte chez le cinéaste une résonance intime : il a confié que son fils est concerné par ce trouble, ce qui infuse au film une vérité émotionnelle perceptible dans ses détails, sans en faire pour autant un récit autobiographique. Cohen-Olivar précise ne pas chercher à « expliquer » l’autisme, mais à transmettre le ressenti de la solitude, de la peur et de l’épuisement quotidien, loin de toute facilité didactique ou mélodramatique.
Sur le plan formel, « Autisto » s’éloigne de la veine fantastique présente dans certaines œuvres antérieures du réalisateur au profit d’un réalisme rigoureux, cohérent avec son sujet. La caméra accompagne les personnages sans afféterie ; le tempo lent restitue le poids du temps; lumières et ombres deviennent des ressorts narratifs traduisant l’isolement et l’oppression psychique.
Le film exploite aussi la puissance du silence : il devient un langage à part entière, miroir du monde intérieur de l’enfant autiste et de la solitude de la mère au sein d’une société bruyante mais peu à l’écoute. L’autisme n’y est pas présenté comme une « maladie », mais comme une manière différente d’habiter le réel : l’enfant Adam évolue dans un univers singulier, régi par des rythmes et des sensations qui n’appartiennent qu’à lui.
'