Une profession qui refuse d'être mise devant le fait accompli
L'arrêt des prestations professionnelles observé par les avocats du 15 au 21 juin a rappelé une réalité que les discours institutionnels contournent parfois : une réforme de la justice ne peut pas avancer durablement contre ceux qui la font vivre chaque jour.
L'Association des barreaux du Maroc a choisi la grève pour protester contre le projet de loi encadrant la profession d'avocat et contre un climat devenu franchement conflictuel avec le ministère de la Justice. Derrière les communiqués, le désaccord porte sur des sujets très concrets : l'indépendance de la défense, la gouvernance professionnelle, les conditions d'accès au métier, l'exercice du droit de plaider et la place réelle des barreaux dans la réforme.
Ce bras de fer tombe mal. Les tribunaux sont déjà confrontés à des lenteurs, à une pression croissante sur les magistrats et les greffes, à une attente forte des justiciables. Lorsqu'un avocat cesse de plaider, ce n'est jamais seulement une corporation qui s'arrête. Ce sont aussi des familles, des entreprises, des victimes, des prévenus et des citoyens qui voient leurs dossiers suspendus.
Il serait trop simple de présenter les avocats comme des défenseurs d'avantages acquis. Certaines revendications peuvent être discutées. D'autres touchent à un principe bien plus sensible : la capacité de l'avocat à défendre son client sans dépendre du pouvoir exécutif ni d'une administration professionnelle fragilisée.
La réforme reste nécessaire. Mais elle ne gagnera en légitimité que si le dialogue cesse d'être une formalité de dernière minute. La justice ne peut pas être modernisée à coups de textes votés dans un climat de défiance.
L'Association des barreaux du Maroc a choisi la grève pour protester contre le projet de loi encadrant la profession d'avocat et contre un climat devenu franchement conflictuel avec le ministère de la Justice. Derrière les communiqués, le désaccord porte sur des sujets très concrets : l'indépendance de la défense, la gouvernance professionnelle, les conditions d'accès au métier, l'exercice du droit de plaider et la place réelle des barreaux dans la réforme.
Ce bras de fer tombe mal. Les tribunaux sont déjà confrontés à des lenteurs, à une pression croissante sur les magistrats et les greffes, à une attente forte des justiciables. Lorsqu'un avocat cesse de plaider, ce n'est jamais seulement une corporation qui s'arrête. Ce sont aussi des familles, des entreprises, des victimes, des prévenus et des citoyens qui voient leurs dossiers suspendus.
Il serait trop simple de présenter les avocats comme des défenseurs d'avantages acquis. Certaines revendications peuvent être discutées. D'autres touchent à un principe bien plus sensible : la capacité de l'avocat à défendre son client sans dépendre du pouvoir exécutif ni d'une administration professionnelle fragilisée.
La réforme reste nécessaire. Mais elle ne gagnera en légitimité que si le dialogue cesse d'être une formalité de dernière minute. La justice ne peut pas être modernisée à coups de textes votés dans un climat de défiance.