Les chiffres, denses et significatifs, témoignent d’un contexte où les besoins en infrastructures résilientes, en soutien climatique et en services publics de qualité sont plus pressants que jamais. Pour un pays confronté simultanément à des défis hydriques et aux séquelles d’un tremblement de terre majeur, ce soutien est loin d’être anecdotique.
Dans le détail, l’un des axes forts des financements a été l’accès à l’eau potable. Dans un pays où les aléas climatiques accentuent la pression sur les ressources hydriques, la BEI a soutenu des projets de production et de distribution d’eau sécurisée, visant à renforcer des réseaux vieillissants et à étendre la couverture vers les petites agglomérations et les zones rurales.
Ce focus sur l’eau s’inscrit parfaitement dans les priorités du Maroc et dans ses efforts nationaux pour améliorer la sécurité hydrique dans un contexte de sécheresse récurrente. Sans ces impulsions de financement extérieur, ces projets auraient sans doute mis des années supplémentaires à voir le jour avec la même envergure.
L’autre volet majeur soutenu par la BEI en 2025 est lié à la reconstruction post-séisme dans la région d’Al Haouz, qui avait été durement secouée par un fort tremblement de terre en septembre 2023. Grâce aux financements européens, des écoles, des hôpitaux, des routes et d’autres infrastructures essentielles sont en cours de réhabilitation ou de reconstruction.
Les initiatives adoptent une approche durable : elles intègrent des normes de conception résilientes au climat, des critères d’efficacité énergétique et des standards sociaux modernes, pour garantir que ces infrastructures ne soient pas seulement remises en état, mais prêtes à affronter les défis futurs.
Au plan continental, ces efforts marocains s’inscrivent dans une stratégie plus large, alignée avec l’initiative Global Gateway de l’Union européenne. Cette stratégie vise à mobiliser des investissements massifs pour stimuler des projets durables, créer de l’emploi et renforcer la stabilité. Global Gateway souligne aussi l’importance de partenariats basés sur des avantages mutuels, une approche que la BEI met en application à travers ces financements.
Pour l’Afrique, les 3,1 milliards d’euros investis en 2025 ont soutenu des projets à fort impact, dont 46 % consacrés à l’action climatique et à la durabilité environnementale. Des secteurs comme l’énergie propre, la santé, les transports ou le développement des petites entreprises ont bénéficié de cette dynamique, contribuant à une croissance plus inclusive.
Aujourd’hui, alors que le Maroc et ses partenaires européens réfléchissent à l’avenir de leur coopération, ces financements marquent une étape importante. Ils illustrent non seulement une réponse concrète aux défis actuels, mais aussi la possibilité d’une trajectoire de développement plus résiliente, durable et partagée une trajectoire qui peut inspirer d’autres pays africains à tirer parti de ce type de partenariat sans sacrifier leurs priorités nationales.
Au final, si les montants attirent l’attention, c’est surtout leur traduction en améliorations tangibles écoles réhabilitées, eaux plus sûres, routes restaurées qui fait sens pour les citoyens. Dans un Maroc en quête de résilience et de développement durable, ces financements deviennent autant de promesses concrètes d’un avenir plus équitable et plus solide.