Banque Al-Maghrib et Archives du Maroc renforcent la gouvernance documentaire


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 18 Février 2026

Signé le 17 février 2026 à Rabat, l’accord entre la Banque Al-Maghrib et Archives du Maroc vise à professionnaliser la gestion documentaire et à préserver un patrimoine stratégique au cœur de la gouvernance publique.



Dans la discrétion feutrée des institutions, certaines signatures pèsent plus que d’autres. Celle apposée mardi 17 février 2026 à Rabat par Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib (BAM), et Latifa Mouftakir, directrice des Archives du Maroc, s’inscrit dans cette catégorie. L’accord-cadre conclu entre les deux institutions définit un programme structuré de gestion des archives de la banque centrale, tout en posant les bases d’une coopération durable en matière de coordination et d’expertise documentaire.
 

À première vue, le sujet peut sembler technique. Pourtant, la question des archives dépasse largement la simple conservation de documents. Dans un contexte où la transparence institutionnelle, la traçabilité des décisions et la mémoire économique deviennent des enjeux majeurs, la gestion documentaire constitue un pilier discret mais essentiel de la gouvernance publique moderne.
 

Cet accord s’inscrit dans la continuité des efforts engagés par Bank Al-Maghrib depuis 2010 pour structurer son système d’archivage. La banque centrale avait alors initié une démarche progressive visant à organiser, sécuriser et valoriser ses fonds documentaires. Quinze ans plus tard, le partenariat signé avec Archives du Maroc marque une nouvelle étape : il s’agit désormais d’atteindre un niveau avancé de maturité dans la gestion des archives, conforme aux standards professionnels et aux exigences contemporaines en matière de conservation et d’accès à l’information.
 

Concrètement, Archives du Maroc apportera une assistance technique spécialisée à BAM. Cette contribution inclut l’accompagnement méthodologique, l’amélioration des procédures de classement et de conservation, ainsi qu’un appui institutionnel destiné à renforcer la gouvernance documentaire. L’objectif est clair : transformer un système fonctionnel en un dispositif de référence, capable d’assurer la pérennité et la valorisation d’un patrimoine informationnel stratégique.
 

Au-delà des aspects techniques, cette coopération traduit aussi une évolution des pratiques administratives au Maroc. La gestion des archives n’est plus perçue comme une fonction secondaire, mais comme un levier de modernisation, de transparence et d’efficacité. Dans une économie de plus en plus fondée sur la donnée et la traçabilité, préserver la mémoire institutionnelle devient un acte de souveraineté documentaire.
 

Lors d’échanges informels en marge d’événements administratifs, plusieurs cadres publics soulignent d’ailleurs que l’accès à une information structurée facilite la continuité de l’action publique et la prise de décision. La mémoire administrative, souvent invisible, agit comme une colonne vertébrale silencieuse des politiques publiques.
 

L’initiative s’inscrit également dans une dynamique nationale plus large de modernisation des institutions et de renforcement des bonnes pratiques de gouvernance. Elle reflète une volonté d’inscrire l’action publique dans la durée, en garantissant la conservation et la transmission des savoirs institutionnels aux générations futures.
 

Dans un Maroc engagé dans la transformation numérique et l’amélioration de la performance publique, la valorisation des archives apparaît ainsi comme un chantier stratégique. Elle contribue à renforcer la confiance, à structurer la mémoire collective et à soutenir une administration plus transparente et efficace.
 

Derrière cet accord technique se dessine donc une ambition plus large : faire des archives non plus un simple dépôt du passé, mais un outil vivant au service de la gouvernance, de la transparence et de la modernité institutionnelle.





Mercredi 18 Février 2026
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