Birmanie : 17 morts dans un bombardement militaire


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Mercredi 25 Février 2026

Une frappe aérienne menée mardi par la junte militaire en Birmanie a fait au moins 17 morts dans un marché villageois de l’État de Rakhine, ont indiqué mercredi 25 février des organisations locales. L’attaque survient dans un contexte de guerre civile persistante et d’aggravation de la crise humanitaire dans cette région de l’ouest du pays.



Une attaque meurtrière contre des civils

 

La frappe a visé le village de Yoe Ngu, selon l’Armée de l’Arakan, qui affirme que 17 civils ont été tués lors du bombardement. L’organisation civile Ponnagyun Youths Association évoque pour sa part un bilan de 18 morts.

Des témoignages recueillis sur place décrivent une scène de destruction importante. Plusieurs bâtiments ont été incendiés, d’autres entièrement détruits, tandis que des habitants tentaient de fuir les flammes. Des corps auraient été retrouvés dispersés dans la zone touchée. Le porte-parole de la junte n’a pas réagi dans l’immédiat à ces informations.

Cette nouvelle attaque illustre l’intensification des violences dans l’État Rakhine, territoire stratégique où les affrontements entre forces militaires et groupes armés se multiplient.
 
Un conflit installé depuis le coup d’État de 2021
 
La Birmanie est plongée dans une guerre civile depuis le coup d’État militaire de février 2021, qui a renversé le gouvernement civil dirigé par Aung San Suu Kyi. Depuis, des groupes pro-démocratie et plusieurs milices issues de minorités ethniques combattent la junte.
Dans ce contexte, l’Armée de l’Arakan s’est imposée comme l’une des factions rebelles les plus puissantes dans l’ouest du pays, repoussant les forces gouvernementales dans certaines zones et intensifiant les combats dans la région.
 
Une crise humanitaire en aggravation
 
La situation humanitaire dans l’État Rakhine continue de se détériorer. Frontalier du Bangladesh, ce territoire subit un blocus militaire combiné aux effets du conflit et à la réduction de l’aide internationale.
 
Le Programme alimentaire mondial a déjà alerté sur une hausse spectaculaire de la faim et de la malnutrition dans la région. Les organisations de défense des droits humains accusent l’armée birmane d’atrocités contre des civils, tandis que l’Armée de l’Arakan est également soupçonnée d’enlèvements et d’exécutions.
 
Cette nouvelle frappe pourrait accentuer les tensions et aggraver une situation sécuritaire déjà instable dans l’ouest du pays, alors que les violences continuent de provoquer des déplacements massifs de populations.





Mercredi 25 Février 2026
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