Une équipe de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès a recensé 42 sites géologiques remarquables entre Boulemane et Missour, rapporte Bladi à partir d’une étude publiée le 25 août 2026 dans la revue Geoheritage. L’inventaire couvre un patrimoine paléontologique, minéralogique, hydrologique et géomorphologique allant du Moyen Atlas central à la moyenne Moulouya. Vingt et un sites ont été retenus pour leur valeur patrimoniale particulièrement élevée.
Parmi ces lieux figure le site lié à la découverte de Spicomellus afer, un ankylosaure vieux de 165 millions d’années. Les chercheurs signalent plusieurs menaces : éloignement, manque d’études approfondies, dégradation et prélèvements illégaux. Lorsqu’un fossile est retiré sans documentation scientifique, son contexte peut être perdu définitivement. Le patrimoine fossile du Maroc alimente aussi un marché international, ce qui accroît la pression sur les gisements accessibles.
L’étude propose de combiner protection, éducation et géotourisme adapté à la fragilité des lieux. Elle évalue notamment la capacité d’accueil des 21 sites jugés les plus précieux afin d’éviter l’érosion ou la destruction des formations. Pour les habitants de Boulemane-Missour, une valorisation encadrée pourrait soutenir des activités locales tout en conservant les ressources scientifiques. La protection des sites suppose toutefois une application effective des règles, une surveillance proportionnée et l’association des communautés locales.