La progression de la place casablancaise est indéniable. Portée par la bonne tenue des grandes capitalisations et par un regain d’intérêt des investisseurs, la capitalisation boursière a dépassé un cap historique, traduisant une confiance retrouvée dans le marché financier marocain. Les volumes de transactions ont également progressé, confirmant un retour progressif de l’activité après plusieurs exercices marqués par la prudence et l’attentisme.
Pour autant, Amine Maamri invite à une lecture plus exigeante de cette performance. « La Bourse ne se mesure pas uniquement à sa stabilité, mais à sa capacité à créer des mouvements, générer de la liquidité et attirer de nouveaux investisseurs », souligne-t-il. Une phrase qui résume bien l’enjeu actuel : au-delà de la valorisation, c’est la fluidité du marché qui conditionne sa crédibilité et son rôle dans le financement de l’économie nationale.
La liquidité, un levier encore fragile
La liquidité reste en effet un enjeu stratégique majeur. Elle détermine la facilité d’entrée et de sortie des investisseurs, la qualité de la formation des prix et, plus largement, le niveau de confiance accordé au marché. Des progrès ont été réalisés ces dernières années, notamment grâce à l’augmentation des échanges et au retour des introductions en Bourse. Mais la profondeur du marché demeure limitée, et la concentration des transactions sur un nombre restreint de valeurs reste une réalité.
Le président de l’APSB ne nie pas les avancées, mais reconnaît que des défis persistent, notamment en matière de diversification des instruments financiers et d’élargissement de la base des investisseurs. Cette situation appelle, selon lui, à une mobilisation collective des acteurs publics et privés pour renforcer le rôle du marché des capitaux comme moteur de financement et d’innovation.
Moderniser pour élargir la base des investisseurs
Dans cette perspective, Amine Maamri met en avant les grandes tendances qui façonnent aujourd’hui les marchés financiers à l’échelle internationale : la digitalisation, la finance durable et l’intégration régionale. Pour la place casablancaise, l’objectif est clair : moderniser les instruments financiers, renforcer son attractivité et consolider le positionnement du Maroc comme hub régional et africain.
Les échanges récents autour du développement de nouveaux produits – tels que le marché à terme, le prêt-emprunt de titres ou encore les ETF – s’inscrivent dans cette logique. Ces outils sont perçus comme des leviers essentiels pour diversifier l’offre, dynamiser la liquidité et attirer de nouveaux profils d’investisseurs, notamment les jeunes et les institutionnels étrangers.
Le franchissement du seuil des 1 000 milliards de dirhams constitue une étape structurante pour la Bourse de Casablanca. Mais comme le rappelle Amine Maamri, la solidité d’un marché ne se mesure pas uniquement à sa taille. Elle repose sur sa capacité à être liquide, inclusif et utile à l’économie réelle. Le défi est désormais de transformer cette performance chiffrée en un marché plus profond, plus ouvert et durablement au service du développement économique du Maroc.