Bourse de Casablanca : les institutionnels prennent la main au T4 2025


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 23 Mars 2026

Au quatrième trimestre 2025, la Bourse de Casablanca confirme une tendance lourde : les investisseurs institutionnels dominent largement les échanges. Derrière des volumes en léger recul, les flux racontent une autre histoire celle d’un marché plus structuré, mais encore inégalement partagé.



Il suffit de regarder la physionomie du marché pour comprendre. À la Bourse de Casablanca, le dernier trimestre de 2025 n’a pas bouleversé les équilibres il les a renforcés.
 

Les chiffres sont clairs : les personnes morales marocaines et les OPCVM concentrent 66,6% des volumes sur le marché central. Une domination nette, presque installée. Et qui traduit, au fond, une réalité simple : la gestion institutionnelle continue de piloter le marché.
 

Dans le détail, les personnes morales marocaines captent 38% des échanges, suivies par les OPCVM (28,6%). Les investisseurs individuels marocains restent présents, mais à distance (21,2%), tandis que les investisseurs étrangers (6%) et les flux via le réseau bancaire (5,9%) ferment la marche.
 

Ce déséquilibre n’est pas nouveau. Mais il s’accentue. Et il dit quelque chose du marché marocain : sa solidité repose d’abord sur ses acteurs domestiques.
 

Sur le plan des volumes, le marché a légèrement marqué le pas. Le volume global  marché central et blocs confondus s’établit à 38,5 milliards de dirhams, en recul de -3,9% sur un an. Une baisse modérée, presque technique.
 

Les indices, eux, ont suivi la même trajectoire prudente. Le MASI recule de 0,9% sur le trimestre, tandis que le MASI 20 cède 4%. Rien de brutal. D’autant que, sur l’ensemble de l’année, la performance reste solide : +27,6% pour le MASI et +24,5% pour le MASI 20.
 

Mais ce sont les flux qui donnent le ton.
 

Les institutionnels sont clairement à l’achat. Les personnes morales marocaines affichent 12,2 milliards de dirhams d’achats contre 11,3 milliards de ventes, renforçant leur position. Les OPCVM confirment la tendance avec 9,9 milliards d’achats contre 7,8 milliards de ventes.
 

Autrement dit : ils accumulent. Calmement, mais sûrement.
 

En face, les investisseurs étrangers adoptent une posture plus défensive. Leurs ventes atteignent 2,4 milliards de dirhams, soit plus du double de l’an dernier, pour seulement 1,3 milliard d’achats. Le déséquilibre est net.
 

Les particuliers marocains, eux, avancent à pas mesurés. Leur activité reste quasi équilibrée 6,4 milliards d’achats contre 6,7 milliards de ventes mais en retrait par rapport au trimestre précédent. Une présence réelle, mais sans prise de risque excessive.
 

Autre signal fort : la montée en puissance du marché central, qui concentre désormais 81% des échanges, avec 31 milliards de dirhams, en hausse de +53,4% sur un an. Le marché de blocs suit, mais reste secondaire (19%, soit 7,4 milliards de dirhams).
 

Et puis il y a le rythme. Plus soutenu.
 

Le nombre d’ordres de Bourse a bondi à 794 564, en progression de +94,4%, tandis que les contrats atteignent 391 889, quasiment le double sur un an. Le marché ne se contente pas d’être structuré il s’anime.
 

Au fond, ce quatrième trimestre 2025 ne raconte pas une rupture. Il confirme une trajectoire. Celle d’une place financière qui gagne en profondeur, mais qui reste largement portée par ses acteurs institutionnels.
 

Un marché solide, oui. Mais encore en quête d’un élargissement réel de sa base d’investisseurs.
 

À Casablanca, la Bourse avance avec assurance. Reste à savoir si, demain, elle avancera avec davantage de monde.





Lundi 23 Mars 2026
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