Bouskoura Park : 300 MDH pour booster le tourisme d’affaires durable à Casablanca


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 22 Janvier 2026

Casablanca franchit un nouveau cap dans sa stratégie touristique et économique. Le 20 janvier 2026, la province de Nouaceur a posé la première pierre du Resort Bouskoura Park, un projet hôtelier structurant au cœur de la Ville Verte. Avec plus de 300 millions de dirhams d’investissement, ce complexe veut répondre à une demande croissante : accueillir les grands rendez-vous d’affaires tout en s’inscrivant dans une logique de développement durable.



Casablanca n’a jamais vraiment eu le luxe de ralentir. Ici, tout va vite : les chantiers, les flux, les ambitions. Et c’est justement dans ce rythme-là que s’inscrit le lancement du Resort Bouskoura Park, officiellement enclenché le 20 janvier 2026 avec la pose de la première pierre par la province de Nouaceur. Sur le papier, c’est un projet hôtelier. Sur le terrain, c’est beaucoup plus que ça : un signal économique, une promesse d’emplois et un pari sur le tourisme d’affaires dans une région qui cherche à consolider son attractivité.
 

Implanté sur un terrain de 5,3 hectares, face au Golf Casa Green Town et à proximité immédiate de la forêt de Bouskoura, le futur resort bénéficie d’un emplacement que beaucoup qualifieraient de “premium”. À moins de 20 minutes de l’aéroport Mohammed V, et non loin de Casablanca Finance City, il se situe à la jonction de plusieurs dynamiques : le business, la mobilité internationale, et cette envie grandissante d’espaces plus respirables, plus verts, plus vivables. Dans une métropole où l’on manque parfois de recul, l’idée de bâtir au cœur de la Ville Verte n’a rien d’anodin.
 

Le projet a été pensé comme un centre névralgique du tourisme d’affaires. Au cœur du complexe, un hôtel cinq étoiles Radisson Blu de 119 chambres doit accueillir une clientèle mixte : voyageurs internationaux, cadres en déplacement, délégations d’événements, mais aussi une clientèle locale en quête d’un service haut de gamme sans quitter l’axe casablancais. À cela s’ajoute un centre de conférences premium de plus de 4.000 m², dimensionné pour capter une part du marché des congrès et événements professionnels, qui devient de plus en plus stratégique pour les grandes villes.
 

Autour de cette colonne vertébrale, un business center intégrant des espaces de restauration et de services est prévu, ainsi qu’un pôle Sport & Wellness, signe que l’expérience ne se veut pas seulement fonctionnelle. Aujourd’hui, même dans le tourisme d’affaires, la performance passe aussi par le confort, la récupération, et ce détail qu’on sous-estime souvent : le bien-être.
 

Derrière l’offre, il y a surtout une ambition territoriale. Bouskoura Park veut jouer un rôle de catalyseur dans la redéfinition de l’attractivité de Casablanca-Settat. « Bouskoura Park a été conçu comme une destination à part entière, en parfaite cohérence avec l’identité écologique de la Ville Verte et le rayonnement économique de la région », explique Amr Chegdali, directeur général de Bouskoura Park. Le message est clair : l’objectif n’est pas de “poser un hôtel”, mais de créer un pôle complet, capable de capter des flux et de générer de la valeur sur place.
 

Sur le plan économique, l’investissement annoncé dépasse les 300 millions de dirhams. C’est massif, et ce n’est pas neutre. Le projet devrait générer plus de 500 emplois directs et indirects, ce qui, dans une région en tension sur l’emploi qualifié et semi-qualifié, peut peser dans la balance. Bien sûr, ces chiffres devront se traduire concrètement dans la durée, car la promesse d’emploi ne suffit plus : la question de la qualité des postes, de la formation et de la stabilité devient centrale pour les jeunes actifs marocains.
 

L’autre point qui mérite d’être souligné, c’est l’orientation environnementale. Le projet est engagé dans un processus de certification HQE (Haute Qualité Environnementale), une démarche qui vise à encadrer la performance écologique des bâtiments et leur intégration durable. Dans un pays où l’on parle de plus en plus d’urbanisme responsable, ce type d’engagement est attendu, mais il reste aussi très observé : le défi sera de prouver que la durabilité n’est pas un habillage, mais un choix réel dans la conception, l’exploitation et la gestion quotidienne.
 

Du côté de Radisson Hotel Group, ce partenariat s’inscrit dans une dynamique d’expansion maîtrisée en Afrique. « Le Maroc est aujourd’hui l’un des marchés les plus dynamiques de la région. Le projet Bouskoura Park illustre cette ambition en combinant qualité hôtelière, durabilité et intégration urbaine », souligne Ramsay Rankoussi, Regional Chief Development Officer du groupe. Là encore, l’intérêt est double : renforcer la présence d’une enseigne internationale au Maroc, tout en capitalisant sur la stabilité du marché et l’image croissante du pays comme hub régional.
 

Ce lancement s’aligne aussi avec les orientations nationales visant à renforcer l’offre touristique et à promouvoir un tourisme durable, créateur de valeur. Et il répond à un besoin de plus en plus visible : la région manque encore de capacités structurées pour accueillir certains grands événements dans des conditions optimales, surtout quand les exigences internationales montent d’un cran.


Bouskoura Park arrive donc avec une promesse simple, mais exigeante : faire de Casablanca un terrain plus compétitif sur le tourisme d’affaires, sans tourner le dos à l’écologie et à la qualité urbaine. Le chantier vient à peine de démarrer, mais l’enjeu est déjà là : réussir à transformer un investissement de 300 MDH en un véritable moteur économique durable, et pas seulement en une belle vitrine.





Jeudi 22 Janvier 2026
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