CAN 2025 : en deux ans, le Maroc gagne l’équivalent de dix ans de développement


Rédigé par le Jeudi 22 Janvier 2026

Battu 1-0 par le Sénégal, le Maroc a manqué le sacre continental à domicile. Mais au-delà du score, le gouvernement défend un bilan économique et infrastructurel majeur. Pour le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, la Coupe d’Afrique des Nations a agi comme un accélérateur de développement sans précédent, dont les effets dépasseront largement le cadre sportif.



Une défaite sportive, un message politique assumé

Dans un entretien accordé à France 24, Ryad Mezzour reconnaît une déception sportive réelle, amplifiée par les incidents de fin de match. « Nous aurions aimé remporter cette CAN », admet-il. Mais le ministre insiste sur la fierté d’avoir organisé une compétition de cette ampleur, soulignant la capacité du Royaume à accueillir un événement continental majeur « sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi ».
 

Dans ce contexte, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé un message de félicitations aux Lions de l’Atlas, finalistes du tournoi, saluant leur parcours et leur engagement. Un signal politique clair : la défaite n’efface ni la performance sportive, ni la portée symbolique de l’événement.
 

Des incidents, mais un tournoi jugé réussi
 

Interrogé sur les débordements observés lors de la finale, le ministre adopte un ton mesuré. Il parle d’« excès liés à la passion », tout en affirmant que ces incidents ne doivent pas occulter la réussite globale de la CAN 2025. Pour les autorités, l’essentiel est ailleurs : l’image projetée d’un Maroc capable d’assurer sécurité, logistique et organisation à grande échelle.
 

Un impact économique chiffré et assumé
 

Sur le plan économique, le discours est offensif. Selon Ryad Mezzour, la CAN 2025 figure parmi les éditions les plus rentables de l’histoire pour la CAF et pour le pays hôte. Le ministère évoque un effet multiplicateur de 1,82 sur les investissements mobilisés et table sur une croissance dépassant 4,5 %. Environ 100 000 emplois directs et indirects auraient été générés durant la période. La consommation aurait également progressé de 25 à 30 %, portée par l’afflux de visiteurs, l’activité touristique et les dépenses liées à l’événement.
 

Un saut infrastructurel en temps record
 

Mais l’argument central reste celui des infrastructures. « En vingt-quatre mois, le Maroc a gagné l’équivalent de dix ans de développement », affirme le ministre. Stades, routes, aéroports, réseaux ferroviaires, transports urbains, équipements publics : la CAN est présentée comme un levier structurant, dont les bénéfices seront durables pour les citoyens.
 

Plus de 3 000 entreprises industrielles marocaines ont été mobilisées sur les différents chantiers, bien au-delà du seul secteur sportif. Pour le gouvernement, cette dynamique s’inscrit dans une stratégie engagée depuis plus de vingt-cinq ans, visant à positionner le Maroc aux standards internationaux.
 

Cap sur 2030
 

Enfin, la CAN 2025 est assumée comme une répétition générale avant le Mondial 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Selon Ryad Mezzour, près de 80 % des investissements sportifs nécessaires sont déjà réalisés et rentabilisés. Le prochain test sera donc mondial.





Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.… En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 22 Janvier 2026
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