Camps de Tindouf : Du sort des habitants


Rédigé par le Vendredi 11 Décembre 2020

Le polisario fait désormais partie du passé, après que le président des Etats-Unis lui ait donné le coup de grâce. On s’attendait depuis quelques temps à voir ce mouvement séparatiste s’effondrer, un processus que la décision américaine va accélérer. Maintenant, il faut songer à gérer l’après-polisario.



Les Marocains de Tindouf n'ont jamais été oubliés
Aucune réaction officielle de la part de l’Algérie au décret du président des Etats-Unis de reconnaître la marocanité du Sahara, à l’heure ou cet article est publié.

Le décret du président Donal Trump est tombé juste après le lâchage en règle par l’Afrique du sud au sein de l’Union Africaine. Outre l’ouverture de représentations consulaires de pays africains et arabes à Laâyoune et Dakhla.

Choc et effroi à Alger

Les services de renseignement algériens n’ont rien vu venir. Les hommes politiques n’ont pas senti les vents tourner. Alger sait qu’à Abou Dhabi, on se délecte de sa déconfiture. La posture tant clamée de puissance régionale s’est évaporée.

Ce sont les conséquences de la décision américaine sur le plan intérieur qui sont les plus craintes par les dirigeants du pays voisin de l’est. 375 milliards de dollars consacrés, en 45 ans, au polisario sont maintenant partis en fumée. Il va falloir expliquer tout ça aux Algériens. Ceux du Hirak attendent impatiemment la 2ème mi-temps des manifestations.

Chute des mafieux

Les sites polisariens sont, par contre, bouillonnants. La bande à Brahim Ghali dénonce. Les articles de déni de la fin pleuvent. L’amertume dégouline des écrits polisariens. Adieu détournement des aides humanitaires, parasitage du peuple algérien, séjours gratuits à l’étranger.

Les dirigeants mafieux du polisario ont déjà pris leurs dispositions et peuvent toujours quêter refuge à l’étranger. D’autres se font du souci à propos des poursuites judiciaires qu’ils encourent pour tous les crimes commis.
Du sort ces mercenaires apatrides, on se moque éperdument. Mais qu’en est-il des habitants des camps de la honte à Tindouf, en Algérie ?
La jeunesse des camps de la honte espère meilleur avenir

Cruelle désillusion

Ils ont passé les 45 dernières années à s’entendre dire par les polisariens que demain, c’est l’entrée en fanfare à Laâyoune, prise baïonnette au canon, après avoir écrasé les Forces Armées Royales sous un déluge de fer et de feu.

Aujourd’hui, les habitants des camps de Lahmada prennent conscience que le seul pays au monde vers lequel ils peuvent se tourner, dans la détresse ou ils sont plongé, c’est le Maroc. C’est cette patrie clémente et miséricordieuse qu’on leur apprit à détester et combattre.

C’est encore plus suffoquant de se rendre compte que ces Marocains même qu’ils ont été conditionnés à tant exécrer les considèrent, quand même, comme leurs compatriotes. Méfiance et rancœurs, bien sûr, et des deux côtés. Pendant près d’un demi-siècle, on s’est tiré dessus, puis on s’est étripé sur la scène internationale. Il va falloir, désormais, nettoyer tout ce gâchis.

Qui est qui ?

Le premier problème est qu’on ne sait pas exactement le nombre des habitants des camps de Tindouf. L’ONU les estime à 173.600 personnes, l’Algérie n’ayant jamais permis au Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) de procéder à un recensement exacte.

Hamada El Bihi, ancien séquestré dans les camps de Tindouf, actuellement à la tête de la Ligue du Sahara pour la démocratie et les droits de l’Homme, cité par le 360.ma, affirme que les sahraouis véritablement originaires des provinces du sud ne représentent pas plus de 20% du total de la population des camps de Lahmada.

Les polisariens dissidents de Khatt Echchahid n’en disent pas moins, quand ils précisent qu’il faut distinguer entre les vrais sahraouis marocains et les autres. Ils sont Algériens, Mauritaniens, Maliens, Nigériens, Tchadiens et ils ont été amenés dans les camps du polisario, en Algérie, pour gonfler leur nombre.

Nécessaire dés-endoctrinement

L’autre problème est celui de la confiance. Les moins de 45 ans, qui sont nés dans les camps, doivent être les plus nombreux. Leurs esprits ont été modelés par les polisariens. Comment vont-ils se comporter une fois rapatriés ? Le précédent de Gdim Izik justifie la suspicion.

Le tiers des habitants des camps ont moins de 17 ans. L’indice de natalité y est très élevé. Ce ne sont pas seulement d’autres bouches à nourrir, mais aussi beaucoup de jeunes à instruire et former. De toute manière, tous sont à dés-endoctriner et à réadapter pour qu’ils puissent être intégrés. 

Un nouveau défi à relever pour les Marocains, après celui de la Marche verte, en 1975, de la guerre, jusqu’à 1991, de démêlés diplomatiques, qui ne sont pas finies pour autant.

Demain sera un autre jour

Savourons, aujourd’hui, la victoire diplomatique de la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara. Demain, il faudra se creuser les méninges pour trouver des solutions aux problèmes nouvellement posés et retrousser les manches pour les appliquer.





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Vendredi 11 Décembre 2020
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