Cancer de la prostate et le traitement anti-hormonal

Des chercheurs viennent de comprendre pourquoi les thérapies anti-hormonales ne fonctionnaient pas chez tous les patients atteints de cancers de la prostate.


Pour lutter contre le cancer de la prostate, on utilise un traitement anti-hormonal. Pourquoi ? Parce que ce dernier est dû à une trop grande production par l'organisme d'hormones androgènes. Or, si le cancer de la prostate est de bon pronostic (lorsqu'il est diagnostiqué suffisamment tôt) cela ne fonctionne pas à tous les coups, car certains patients résistent à ces traitements. Mais une découverte cruciale vient d'être faite, souligne Slate, d'après une étude parue dans Cancer Discovery.



Enfin, c'est surtout leurs cellules cancéreuses qui résistent. Jusqu'à présent, on ne savait pas vraiment ce qui l'expliquait. Mais des chercheurs de la Société canadienne du cancer viennent de comprendre pourquoi cela se produisait.

L'organisme est régi par une sorte d'horloge interne, que l'on appelle un rythme circadien, et qui correspond au « rythme biologique intégré prenant la forme d'un cycle d'environ 24 heures et régissant certains processus physiologiques comme le sommeil et l'alimentation », explique la Société canadienne du cancer.

Cela vaut pour le rythme de votre journée, mais aussi pour celui de vos cellules : elles ont leur rythme circadien, qui est mis en œuvre via une protéine. Normalement, sur les cellules cancéreuses, ce rythme ne marche plus.

Une protéine change de rôle

Les chercheurs se sont aperçus que lorsqu'un patient atteint d'une tumeur à la prostate prenait un traitement anti-hormonal, il arrivait que les protéines responsables de l'horloge interne adoptent un nouveau rôle et luttent pour garder les cellules cancéreuses en vie. Pour en arriver à cette conclusion, ils ont étudié les tissus de 56 patients malades qui avaient reçu ce type de traitement.

Cette découverte est cruciale parce qu'elle oriente la suite de la recherche : il faut maintenant trouver un moyen de contrer le mécanisme de cette protéine pour laisser au traitement anti-hormonal la possibilité de fonctionner et soigner les patients du cancer de la prostate.

On n'agit donc pas directement sur le cancer, mais sur les blocages de l'organisme face aux traitements. Les chercheurs estiment que cela pourrait leur faire gagner 10 ans de recherche.

Sources : Drug-induced epigenomic plasticity reprograms circadian rhythm regulation to drive prostate cancer towards androgen-independence, Cancer Discovery, 27 juin 2022.
 

Source : https://www.topsante.com/medecine/cancers/cancer-d...

Dimanche 3 Juillet 2022



Rédigé par Rédaction le Dimanche 3 Juillet 2022
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