Les vagues de chaleur, la sécheresse et les incendies ne pèsent pas seulement au moment de l’urgence : leurs effets apparaissent ensuite dans les indemnisations agricoles, la reconstruction, les dépenses de santé et le ralentissement économique. Selon Euronews, qui cite l’Agence européenne pour l’environnement, les événements météorologiques extrêmes ont causé 822 milliards d’euros de pertes directes dans l’Union européenne entre 1980 et 2024, dont un quart durant les quatre dernières années.
La couverture assurantielle reste limitée. Environ un cinquième de ces pertes était assuré ; pour les sécheresses, canicules et feux de forêt, la part tombe à 10 % ou 11 %. Les pouvoirs publics deviennent donc assureurs en dernier ressort, alors que seuls quatre États membres disposent de fonds dédiés aux catastrophes. L’Agence européenne pour l’environnement décrit un changement d’échelle et estime que les pertes économiques progressent de 3,4 % par an.
La facture se transmet aussi à l’alimentation. La Commission européenne a réduit de 5 % sa prévision de production d’huile d’olive dans l’Union, tandis qu’Oxford Economics anticipe que chaleur et sécheresse pourraient ajouter jusqu’à 1 % à l’inflation alimentaire de la zone euro l’an prochain. Ces estimations restent européennes et ne mesurent pas un impact au Maroc.
Pour le Maroc, l’intérêt réside dans la méthode : budgéter l’adaptation, relier les données de santé, d’agriculture, de transport et de travail, puis mesurer les pertes indirectes. Le débat européen fournit ainsi une comparaison prudente pour réfléchir aux financements d’adaptation marocains et à la résilience des filières exposées, sans transposer mécaniquement des montants calculés pour l’Europe.