Casablanca : derrière le réseau présumé d'usuriers, l'autre visage de l'exclusion bancaire


Rédigé par L'ODJ Média le Mercredi 15 Juillet 2026

L'affaire décrite par la presse est brutale. À Casablanca, les autorités auraient démantelé un réseau soupçonné d'accorder des prêts à des entrepreneurs et à des particuliers exclus du financement bancaire, en leur imposant des taux démesurés ainsi que des chèques de garantie.



Le principal suspect aurait été interpellé, tandis que d'autres personnes seraient recherchées. L'enquête judiciaire devra confirmer les responsabilités de chacun.
 
Parmi les cas rapportés figure celui d'une femme d'affaires qui aurait emprunté deux millions de dirhams avant de se voir réclamer huit millions. À ce stade, ce récit doit être traité comme un élément attribué au dossier, non comme un fait définitivement établi par un jugement.
 
L'affaire met néanmoins en lumière un terrain favorable à l'usure clandestine. Lorsqu'un commerçant traverse une crise de trésorerie, qu'une petite entreprise ne présente pas les garanties demandées ou qu'un particulier est déjà endetté, les circuits légaux se referment rapidement.
 
Le prêteur informel arrive alors avec une solution immédiate. Puis viennent les intérêts, les pressions et les garanties signées dans l'urgence.
 
La réponse pénale est indispensable, mais elle intervient en bout de chaîne. En amont se trouve la question de l'accès au crédit, de l'accompagnement des entreprises fragiles et de la prévention du surendettement. Sans alternatives crédibles, d'autres intermédiaires occuperont le même espace.
 
Il faudra attendre les conclusions de l'enquête pour connaître l'étendue exacte du réseau. Une certitude demeure : lorsque le crédit légal devient inaccessible, l'argent ne disparaît pas. Il devient plus cher, plus opaque et parfois beaucoup plus dangereux.




Mercredi 15 Juillet 2026
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