A Casa, on ne conduit pas : on pratique un sport de combat.
On ne marche pas : on exécute des figures de voltige.
Avouons-le, nos rues ont des airs de safari. On y voit un triporteur défier les lois de la gravité, ou un livreur slalomer avec une audace qui ferait pâlir un pilote de chasse.
Ils surgissent sans prévenir, comme animés par un pouvoir de téléportation. S’ils avaient des ailes, ils auraient colonisé l’espace depuis longtemps.
Quant à la marche à pied casablancaise, elle mériterait de devenir discipline olympique. Entre les plaques d’égout grandes ouvertes et les trottoirs à niveaux variables, chaque trajet devient un entraînement pour nos chevilles et un exercice de scan au sol.
Rentrer chez soi « en un seul morceau » relève de l’exploit et mérite une pensée reconnaissante au ciel : une véritable victoire contre l’adversité.
Avouons-le, nos rues ont des airs de safari. On y voit un triporteur défier les lois de la gravité, ou un livreur slalomer avec une audace qui ferait pâlir un pilote de chasse.
Ils surgissent sans prévenir, comme animés par un pouvoir de téléportation. S’ils avaient des ailes, ils auraient colonisé l’espace depuis longtemps.
Quant à la marche à pied casablancaise, elle mériterait de devenir discipline olympique. Entre les plaques d’égout grandes ouvertes et les trottoirs à niveaux variables, chaque trajet devient un entraînement pour nos chevilles et un exercice de scan au sol.
Rentrer chez soi « en un seul morceau » relève de l’exploit et mérite une pensée reconnaissante au ciel : une véritable victoire contre l’adversité.
Le curieux paradoxe du Casablancais :
* Quand il s’agit de moi : stationner en triple file ou prendre un sens interdit est un
« raccourci de génie », notamment pour aller chercher le pain. Je ne suis pas un sauvage, je suis un stratège.
* Quand il s’agit de l’autre : c’est un âne sans savoir-vivre, bon pour l’exil immédiat.
Et que dire de nos amis les chauffeurs de taxi ? Ces poètes de la route pour qui le clignotant est un simple ornement et l’arrêt en plein carrefour une forme d’expression artistique.
À quand une ville enfin vivable ?
On nous promet de beaux parcs, des voies larges, une cité moderne.
Tout cela est très bien. Mais cela ne suffira pas à faire de Casablanca la perle qu’elle doit être. Il faut y ajouter un peu de discipline — appliquée avec douceur mais fermeté :
1. Le retour de l’autorité : quelques sanctions qui font sens (fourrière, retrait de permis, amendes) pour rappeler que le Code de la route n’est pas un recueil de poésies, mais une règle de survie.
2. L’école du respect : inculquer l’éducation civique dès le plus jeune âge, pour que chacun sache qu’un trottoir sert à marcher, pas à garer un scooter ni à installer une terrasse de café improvisée.
3. Le rôle des médias : comme on produit des sitcoms pour le ramadan, créons des capsules éducatives pour petits et grands sur « l’art de rouler et marcher ensemble ».
4. Le recrutement d’influenceurs pour qu’ils mettent leur notoriété au service de la bonne cause en diffusant des messages utiles.
Rendons Casablanca aux Casablancais, aux vrais, à ceux qui aiment leur ville assez pour ne pas l’étouffer. Sinon, il ne fera bientôt plus bon y vivre, sauf si vous avez le budget pour une voiture blindée et des genouillères de compétition.
À bon entendeur, et sur le ton de l’humour.
Par Anissa Mekouar Senhadji.
« raccourci de génie », notamment pour aller chercher le pain. Je ne suis pas un sauvage, je suis un stratège.
* Quand il s’agit de l’autre : c’est un âne sans savoir-vivre, bon pour l’exil immédiat.
Et que dire de nos amis les chauffeurs de taxi ? Ces poètes de la route pour qui le clignotant est un simple ornement et l’arrêt en plein carrefour une forme d’expression artistique.
À quand une ville enfin vivable ?
On nous promet de beaux parcs, des voies larges, une cité moderne.
Tout cela est très bien. Mais cela ne suffira pas à faire de Casablanca la perle qu’elle doit être. Il faut y ajouter un peu de discipline — appliquée avec douceur mais fermeté :
1. Le retour de l’autorité : quelques sanctions qui font sens (fourrière, retrait de permis, amendes) pour rappeler que le Code de la route n’est pas un recueil de poésies, mais une règle de survie.
2. L’école du respect : inculquer l’éducation civique dès le plus jeune âge, pour que chacun sache qu’un trottoir sert à marcher, pas à garer un scooter ni à installer une terrasse de café improvisée.
3. Le rôle des médias : comme on produit des sitcoms pour le ramadan, créons des capsules éducatives pour petits et grands sur « l’art de rouler et marcher ensemble ».
4. Le recrutement d’influenceurs pour qu’ils mettent leur notoriété au service de la bonne cause en diffusant des messages utiles.
Rendons Casablanca aux Casablancais, aux vrais, à ceux qui aiment leur ville assez pour ne pas l’étouffer. Sinon, il ne fera bientôt plus bon y vivre, sauf si vous avez le budget pour une voiture blindée et des genouillères de compétition.
À bon entendeur, et sur le ton de l’humour.
Par Anissa Mekouar Senhadji.