Casablanca s’affirme comme un hub financier incontournable en Afrique


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 1 Avril 2026

Casablanca confirme sa montée en puissance dans la finance mondiale. Dans un contexte international marqué par le recul global des performances, la métropole consolide son statut de première place financière du continent et renforce son attractivité, notamment grâce à la fintech et à sa position stratégique entre plusieurs marchés.



Dans la dernière édition du Global Financial Centres Index (GFCI 39), publiée fin mars 2026, la capitale économique du Maroc gagne sept places pour se hisser dans le top 50 mondial. Une progression qui, à première vue, pourrait sembler technique. Elle ne l’est pas. Elle traduit en réalité une dynamique plus profonde : celle d’une place financière qui s’installe progressivement dans les radars des investisseurs internationaux.
 

Ce qui frappe, surtout, c’est le contexte. Presque toutes les grandes places financières ont vu leur score reculer, avec une baisse moyenne de 1,82 % à l’échelle mondiale. Casablanca n’échappe pas totalement à cette tendance son score perd trois points pour s’établir à 700 mais elle progresse malgré tout dans le classement. Autrement dit, elle résiste mieux que d’autres. Et dans la finance globale, cette nuance fait toute la différence.
 

Sur le plan africain, le constat est sans appel : Casablanca domine. Elle se classe devant des hubs historiques comme Johannesburg ou Maurice, confirmant un basculement progressif du centre de gravité financier du continent. À l’échelle régionale, elle occupe la quatrième position, derrière les mastodontes du Golfe Dubaï, Abou Dhabi et Doha mais continue de réduire l’écart.
 

Cette montée en puissance ne doit rien au hasard. Elle repose en grande partie sur la stratégie portée par Casablanca Finance City, qui s’est imposée comme une plateforme d’entrée vers l’Afrique pour les multinationales. Aujourd’hui, plus de 200 entreprises y opèrent, entre institutions financières, sièges régionaux et cabinets spécialisés. Le modèle est clair : offrir un environnement stable, lisible et connecté à plusieurs marchés.
 

Mais c’est peut-être du côté de la fintech que Casablanca surprend le plus. La ville gagne vingt places dans ce segment, atteignant le 50ᵉ rang mondial. Une progression rapide, qui traduit les efforts engagés pour structurer un écosystème innovant, entre start-ups, régulateurs et investisseurs. Dans les faits, cela se joue souvent loin des projecteurs : incubateurs, solutions de paiement digital, inclusion financière… des signaux faibles qui, mis bout à bout, dessinent une transformation réelle.
 

Un autre indicateur, plus subtil, mérite attention : la perception. Les experts interrogés dans le cadre du GFCI placent Casablanca parmi les centres financiers appelés à gagner en importance dans les prochaines années. Elle figure ainsi dans le top 15 mondial des places à fort potentiel, avec 23 mentions. Ce type de reconnaissance n’est pas anodin. Il reflète une confiance, parfois encore en avance sur les chiffres eux-mêmes.
 

Reste que le chemin est encore long. La concurrence est rude, notamment face aux hubs du Golfe, très agressifs en matière d’attractivité et d’innovation. Casablanca devra continuer à investir, simplifier, accélérer. Mais la trajectoire est là, lisible.
 

Longtemps perçue comme une promesse, Casablanca s’installe désormais comme une réalité financière africaine. Et dans un monde en recomposition, cette constance pourrait bien devenir son principal avantage.





Mercredi 1 Avril 2026
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