Ces mendiants qui gênent et insupportent !


Rédigé par Hicham Aboumerrouane le Mercredi 31 Mars 2021



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Ces mendiants qui Gênent .mp3  (5.69 Mo)

Ils sont partout. Un constat général, de l’avis de tous. Mettez le pied dehors, offrez-vous un bain de mendiants. Un spectacle dont le texte est de tous connu. Très peu d’improvisation. À force, nous avons du flair à vendre. Nous les reniflons à mille lieux. « renifler » et « mille » deux exagérations qui vous sautent à l’œil. Mais c’est de bonne guerre !  Et l’excès est le bienvenu.  

L’ordinaire ne frappe que peu. L’ordinaire, ce terreau fertile de tous les dangers. L’ordinaire d’un décor implanté fait de trémolos, et d’une vente forcée : Une pitié monnayable contre un cliquetis de pièces. Une pièce ou deux, selon votre vice ou vertu, appuyées d’un « Amen » qui, souvent, ignore de ces grommellements en guise de récompense. Car eux, vous vendent le ciel, vous, qui n’êtes que  d’ici-bas.

À force, votre oreille de plomb se vautre dans l’habitude des invocations « SDF ». De ces invocations qu’elle transpose, et calque sur chaque mendiant croisé. Ou chaque mendiant qui charge sur vous. Une oreille qui prend pour acquis les béatitudes du ciel. Plutôt une oreille ennuyée, qui ne veut que se tirer d’embarras. Une oreille produit d’un ordinaire qui nous guette, nous gangrène plutôt.

Car de la même manière que vous entendez ce que vous voulez dans ce qu’un mendiant murmure entre ses dents, vous souffrez ce décor qui fait la manche. Nous avons cette manie de laisser faire ce qui nous dérange. Nous avons une mécompréhension de ce que «  vivre avec ses problèmes » veut dire.

Vivre avec, n’est pas laisser faire. Vivre avec, c’est composer avec, jusqu’à s’en défaire. Après, et c’est bien fait pour notre tête, nous nous proclamons malheureux. Oui « proclamons » car nous ne nous en cachons pas, comme si nous trouvions un plaisir douillet à nous complaire dans le malheur. Par fatalisme, mais en réalité plutôt par perversion.

Un cumul de choses que nous refoulons et qui plante pour longtemps le décor de nos humeurs. Je ne veux pas parler d’inhibition, de sublimation, je ne veux pas faire le pédant, m’arroger ce droit de regard sur les tréfonds de l’être, et dont me dispenserait   volontiers un psychanalyste, mais je veux dire que la passivité est un crime contre soi.

Ils font la manche en genre et en nombre, ça nous gêne et nous insupporte. J’invite les hypocrites à déverser leur fiel, car le fiel est chose ordinaire aussi. Nous vivons avec le fiel, comme avec les «  Amen » comme avec le pullulement mendiant. Nous survivons avec un tas crasseux de mauvaises habitudes, et nous en sommes responsables.

Ils sont dans le besoin ! vous dit-on. Comme « vous avez grand besoin de mettre de la raison dans vos cœurs » ai-je envie de dire. 

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Car de un, pas tous le sont ! Un exemple peut-être ? nous en avons un, et des plus frais. Une mendiante propriétaire d’un gros 4*4 arrêtée, condamnée à de la prison ferme.  En voilà un exemple pour boucher deux trous, car il soumet à votre appréciation deux choses : Le besoin n’est pas toujours moteur, et à moins que vous soyez anarchiste, ou que vous ignoriez la loi, ce qui, sur les faits, s’en approchent de beaucoup, la mendicité est passible de prison si celle-ci ne valide pas deux choses ( encore ) : le besoin, et l’incapacité de travailler.

«  Il ne faut pas généraliser » rétorquent-ils. S’il est une formule qui, par sa mauvaise application, a causé tant de torts… prenons, par cynisme,  le pari de généraliser ! Au plus, et c’est au mieux, il adviendrait que le cas des faiseurs de manches soit traité dans les règles  de par les autorités compétentes.

Qu’ils sauront séparer le bon grain de l’ivraie. Que ceux qui répondent au critère puissent bénéficier d’une aumône réglementaire,  prélevée sur nos impôts. Qu’ils soient relégués à des centres sociaux.  Que mendier à ciel ouvert s’apparente de beaucoup à du harcèlement. Que nous ne sommes pas tenus de supporter la déraison, quand bien même viendrait-elle du cœur. Que le cœur a ses raisons, oui, mais que le cœur, parfois, écoeure !   

Hicham Aboumerrouane




Mercredi 31 Mars 2021
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