Ceuta est-elle espagnole aux yeux de Washington ?
Ceuta et Melilla comme des villes « administrées par l’Espagne », situées « en territoire marocain »
Jusqu’à présent, la réponse semblait ne souffrir d’aucune ambiguïté pratique. Les États-Unis entretiennent une alliance stratégique avec l’Espagne, membre de l’OTAN, et la cartographie officielle du Département d’État identifie encore explicitement Ceuta et Melilla comme appartenant à l’Espagne. Une carte officielle publiée après la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara indique ainsi « Ceuta (Spain) » et « Melilla (Spain) ».
Mais un document parlementaire américain de 2026 vient introduire une nuance politiquement remarquable.
Dans le rapport accompagnant le projet budgétaire H.R. 8595, la Commission des crédits de la Chambre des représentants utilise une formulation inhabituelle : elle décrit Ceuta et Melilla comme des villes « administrées par l’Espagne », situées « en territoire marocain », tout en rappelant qu’elles font l’objet d’une revendication ancienne du Maroc.
Plus significatif encore, la Commission soutient l’idée d’un engagement diplomatique entre Rabat et Madrid concernant le « futur statut » des deux villes.
Il serait pourtant prématuré d’en conclure que Washington reconnaît désormais Ceuta comme marocaine.
Le document émane d’une commission de la Chambre des représentants. Il possède donc une réelle portée politique, mais il ne constitue ni un traité international, ni une décision présidentielle, ni une déclaration du Département d’État reconnaissant la souveraineté marocaine sur Ceuta.
Cette distinction est fondamentale.
La position officielle américaine observable reste, à ce stade, compatible avec la souveraineté espagnole. La cartographie du Département d’État en apporte une indication particulièrement claire.
Les archives diplomatiques américaines montrent d’ailleurs combien la question a évolué au fil du temps. En 1937, un diplomate américain écrivait explicitement que Ceuta et Melilla n’étaient pas territoire marocain.
Après l’indépendance du Maroc, le vocabulaire devient plus nuancé. Une analyse américaine de 1958 évoquait Ceuta et Melilla comme des « enclaves in Morocco », tout en constatant qu’elles restaient détenues par l’Espagne.
Dans les années 1970, les documents américains décrivaient encore les deux villes comme des enclaves espagnoles revendiquées par le Maroc, tout en précisant que Madrid les considérait comme partie intégrante de l’Espagne.
Alors, qu’est-ce qui change en 2026 ?
Ce n’est donc pas encore la position officielle des États-Unis qui a changé. C’est l’apparition, au cœur même du Congrès américain, d’un vocabulaire jusqu’ici beaucoup plus proche de la lecture marocaine du dossier.
Et les mots comptent. Dire « villes espagnoles » signifie une chose. Dire « villes administrées par l’Espagne » en signifie potentiellement une autre.
Et évoquer leur « futur statut » revient implicitement à considérer que leur statut actuel peut faire l’objet d'une discussion diplomatique.
Pour Rabat, c’est incontestablement un signal politique intéressant.
Pour Madrid, ce n’est certainement pas encore un bouleversement diplomatique : les États-Unis n’ont annoncé aucune remise en cause formelle de la souveraineté espagnole.
Mais après la décision historique de Washington, en décembre 2020, de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara — reconnaissance qui demeure matérialisée dans les instructions cartographiques officielles américaines — chaque inflexion du vocabulaire américain concernant l’intégrité territoriale marocaine mérite d’être observée.
La véritable information n’est donc pas que « les États-Unis reconnaissent Ceuta comme marocaine ». Ils ne l’ont pas encore fait.
Elle est peut-être plus subtile : pour la première fois à ce niveau parlementaire, Washington voit émerger ouvertement l’idée que le statut de Ceuta et Melilla pourrait ne pas être définitivement figé.
Et diplomatiquement, ce n’est déjà pas rien.
Mais un document parlementaire américain de 2026 vient introduire une nuance politiquement remarquable.
Dans le rapport accompagnant le projet budgétaire H.R. 8595, la Commission des crédits de la Chambre des représentants utilise une formulation inhabituelle : elle décrit Ceuta et Melilla comme des villes « administrées par l’Espagne », situées « en territoire marocain », tout en rappelant qu’elles font l’objet d’une revendication ancienne du Maroc.
Plus significatif encore, la Commission soutient l’idée d’un engagement diplomatique entre Rabat et Madrid concernant le « futur statut » des deux villes.
Il serait pourtant prématuré d’en conclure que Washington reconnaît désormais Ceuta comme marocaine.
Le document émane d’une commission de la Chambre des représentants. Il possède donc une réelle portée politique, mais il ne constitue ni un traité international, ni une décision présidentielle, ni une déclaration du Département d’État reconnaissant la souveraineté marocaine sur Ceuta.
Cette distinction est fondamentale.
La position officielle américaine observable reste, à ce stade, compatible avec la souveraineté espagnole. La cartographie du Département d’État en apporte une indication particulièrement claire.
Les archives diplomatiques américaines montrent d’ailleurs combien la question a évolué au fil du temps. En 1937, un diplomate américain écrivait explicitement que Ceuta et Melilla n’étaient pas territoire marocain.
Après l’indépendance du Maroc, le vocabulaire devient plus nuancé. Une analyse américaine de 1958 évoquait Ceuta et Melilla comme des « enclaves in Morocco », tout en constatant qu’elles restaient détenues par l’Espagne.
Dans les années 1970, les documents américains décrivaient encore les deux villes comme des enclaves espagnoles revendiquées par le Maroc, tout en précisant que Madrid les considérait comme partie intégrante de l’Espagne.
Alors, qu’est-ce qui change en 2026 ?
Ce n’est donc pas encore la position officielle des États-Unis qui a changé. C’est l’apparition, au cœur même du Congrès américain, d’un vocabulaire jusqu’ici beaucoup plus proche de la lecture marocaine du dossier.
Et les mots comptent. Dire « villes espagnoles » signifie une chose. Dire « villes administrées par l’Espagne » en signifie potentiellement une autre.
Et évoquer leur « futur statut » revient implicitement à considérer que leur statut actuel peut faire l’objet d'une discussion diplomatique.
Pour Rabat, c’est incontestablement un signal politique intéressant.
Pour Madrid, ce n’est certainement pas encore un bouleversement diplomatique : les États-Unis n’ont annoncé aucune remise en cause formelle de la souveraineté espagnole.
Mais après la décision historique de Washington, en décembre 2020, de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara — reconnaissance qui demeure matérialisée dans les instructions cartographiques officielles américaines — chaque inflexion du vocabulaire américain concernant l’intégrité territoriale marocaine mérite d’être observée.
La véritable information n’est donc pas que « les États-Unis reconnaissent Ceuta comme marocaine ». Ils ne l’ont pas encore fait.
Elle est peut-être plus subtile : pour la première fois à ce niveau parlementaire, Washington voit émerger ouvertement l’idée que le statut de Ceuta et Melilla pourrait ne pas être définitivement figé.
Et diplomatiquement, ce n’est déjà pas rien.
Sources consultées
[1]: https://data.geodata.state.gov/guidance/DoS_Bulletin_38-Morocco-Western-Sahara-2020.pdf?utm_source=chatgpt.com "OFFICE OF THE GEOGRAPHER AND GLOBAL ISSUES"
[2]: https://history.state.gov/historicaldocuments/frus1937v01/d123?utm_source=chatgpt.com "Historical Documents - Office of the Historian"
[3]: https://history.state.gov/historicaldocuments/frus1958-60v07p2/d335?utm_source=chatgpt.com "Historical Documents - Office of the Historian"
[4]: https://history.state.gov//historicaldocuments/frus1969-76ve09p1/d87?utm_source=chatgpt.com "Historical Documents - Office of the Historian"
[2]: https://history.state.gov/historicaldocuments/frus1937v01/d123?utm_source=chatgpt.com "Historical Documents - Office of the Historian"
[3]: https://history.state.gov/historicaldocuments/frus1958-60v07p2/d335?utm_source=chatgpt.com "Historical Documents - Office of the Historian"
[4]: https://history.state.gov//historicaldocuments/frus1969-76ve09p1/d87?utm_source=chatgpt.com "Historical Documents - Office of the Historian"