Chine – Iran : La route de la soie


Au Maroc, nous avons une distance psychologique plus importante que la distance géographique avec l’Iran. En réalité, Téhéran n’est pas si loin, c’est à moins de 5 320 km(à vol d’oiseau). Pour comparaison Riyad est à 5304 Km.



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Chine – Iran : La route de la soie  (792.09 Ko)

« De quatre choses nous avons plus que nous croyons : des péchés, des dettes, des ennemis et des années. »
                                                                                                                   Proverbe Persan

« ….une nouvelle ère de concurrence acharnée entre superpuissances, marquée par ce qui sera peut-être les pires relations que Washington ait jamais entretenues avec la Russie depuis la chute du mur du Berlin, et avec la Chine depuis qu’elle a établi des relations diplomatiques avec les États-Unis. »
David Sanger

Au Maroc, nous avons une distance psychologique plus importante que la distance géographique avec l’Iran. En réalité, Téhéran n’est pas si loin, c’est à moins de 5 320 km(à vol d’oiseau).  Pour comparaison Riyad est à 5304 Km.

Le rapprochement Iran Chine n’est pas nouveau. La croissance Chinoise est énergivore, la Chine est rapidement devenue le premier partenaire commercial de Téhéran et était avant les sanctions Américaines l’un des principaux acheteurs de brut iranien. Sécuriser les sources d'énergie à l'étranger est un impératif stratégique  évident pour la Chine, pour maintenir une croissance élevée.

L’Iran et la Chine ont signé le 27 mars un accord de coopération stratégique et commerciale sur vingt-cinq ans.

Une « feuille de route complète » qui aurait nécessité plus de cinq ans de   discussions. Les rares déclarations parlent de clauses politiques, stratégiques et économiques pour  vingt-cinq ans de coopération, on parle d’une valeur de 400 milliards USD. L’Iran matérialise ainsi son adhésion au projet de la « nouvelle route de la soie », cher au président Xi Jinping. On parle de ports, d’infrastructures de zones commerciales et bien entendu de pétrole et même de collaboration militaire.
 
Et c’est là une source d’inquiétudes pour les pays voisins alliés des États-Unis. Il y a lieu de prévoir dans les semaines à venir un remue-ménage dans la région.

Aux États-Unis certains démocrates accusent l’administration Trump d’avoir poussé l’Iran dans les bras de la Chine avec une certaine complicité Européenne.  L'Iran a souffert économiquement mais le régime a résisté.  Maintenant, il faut siffler la fin de la récréation.
Le Président Biden avait déclaré , quelques jours avant cette signature, qu’il ne permettrait pas à la Chine de devenir une super puissance dominante.
 
Il a proféré des insultes au président Poutine en le taxant d’assassin, il a ainsi confirmé que la théorie Kissinger qui voulait séparer la Russie de la chine, n’était plus à l’ordre du jour.
 
Je m’étais permis dans un article sur ces colonnes de prévoir que ça allait être la position de l’administration démocrate.
 
La relation  Turquie Égypte devra s’améliorer rapidement et selon les bruits de couloirs ce sont les frères musulmans qui vont en payer les frais.

Une sorte de pacification au Yémen est aussi nécessaire, cette guerre ne rapporte plus rien, elle engage des alliés dans un bourbier sans fin. Les principaux ports étant maitrisés par des forces anti iraniennes, les discussions peuvent commencer.

Le processus de pacification en Lybie doit aboutir à une stabilisation à très court terme , les Turques et les égyptiens doivent y collaborer.

Il conviendra en plus d’en finir rapidement avec l’épine de l’Afghanistan et s’assurer que les Talibans ne vont pas y prendre tous les pouvoirs et surtout qu’ils ne tombent pas dans la route de la soie.
 
Bref, la diplomatie Américaine devrait veiller à plus de normalisations des relations entre ses différents alliés et faire pression là où il faut pour une stabilisation politique interne.
 

Par Dr Samir Belahsen

 
 


Dimanche 28 Mars 2021

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