Chronique: « Un sentiment de justice divine »


Par Omar Hasnaoui, chercheur scientifique.

Pour l'esprit croyant, attentif aux signes et à l'harmonie secrète de l'univers, les événements récents ne peuvent laisser indifférent. Ce qui vient de se produire aux États-Unis lors du match de football opposant le Sénégal à la Belgique nous interpelle directement. Les observateurs et tous les médias se sont largement fait l'écho de ce scénario troublant. Voir cette même équipe se comporter avec une telle véhémence, mener au score pour finalement se faire renverser dans les toutes dernières minutes, dépasse de loin le cadre du simple hasard athlétique.



Pour qui sait observer, la symétrie est saisissante : six mois plus tôt, le 18 janvier 2026, lors de la grande finale de la Coupe d'Afrique des Nations CAN qui se déroulait au Maroc, à Rabat, le même scénario s'était déjà produit opposant le Sénégal au Maroc.

Déjà, les joueurs sénégalais, fidèles à leurs habitudes, attachés à leurs traditions, transportaient rituels ancestraux et amulettes protectrices.

Or, malgré toutes ces processions invoquant les esprits, à Rabat comme aujourd'hui en Amérique, la justice divine, imparable, a fini par manifester sa propre loi!

C’est la démonstration flagrante qu'une toute puissance invisible remet toujours les compteurs à zéro lorsque les comportements s'égarent, et ce, sur n'importe quel sol de la planète.

Que ces derniers affrontements se déroulent dans cette Amérique de Donald Trump, profondément imprégnée par l'évangélisme et qui affiche jusque sur sa monnaie la formule In « God We Trust », n'est pas un hasard.

Le décor lui-même était chargé de symboles, rappelant que l'évocation de la puissance divine transcende les frontières, les cultures et le temps.

C'est précisément cette réflexion qui a nourri un échange soutenu de quelques heures avec mon ami le professeur Tewfik .

Au fil d'une discussion sur la justice des lois naturelles, la réflexion a glissé vers les travaux fascinants de mon ami, feu le Docteur Othman Skiredj, un prestigieux scientifique marocain formé au MIT qui a consacré des décennies de réflexion à l'unification de la science et de la spiritualité.

Dans son ouvrage magistral sur « l'âme et l'esprit selon la science sacrée des lettres et des nombres », il propose un modèle original où la théorie du Big Bang dialogue avec les textes sacrés, et où les mathématiques s'allient à la symbolique pour expliquer la structure de la création, du monde matériel jusqu'aux sphères spirituelles.

C'est par ce canal inattendu entre l'esprit scientifique de pointe et la foi que la conversation a basculé vers le vertige de l'infiniment petit, prouvant que la recherche rationnelle la plus poussée, loin d'éteindre la spiritualité, ne fait que lui donner un écho universel.

En plongeant à l'échelle de l'atome, la science contemporaine vient en effet de briser toute notre perception matérielle et pragmatique du monde.

La physique moderne démontre qu'un atome est composé à 99,99 % de vide pour seulement 0,001 % de matière brute.

Ce que nous touchons, ce que nous accumulons au quotidien dans nos élans matériels, nos certitudes physiques les plus solides ne sont en réalité qu'un tissu de forces, de vibrations et d'énergies invisibles.

En poussant la recherche plus loin, sous ce que les physiciens nomment le Mur de Planck, cette frontière ultime à l'origine des mondes où nos équations s'effondrent, ce grand vide s'avère être une mer d'énergie en ébullition permanente.

Devant cette matrice invisible d'où jaillit toute réalité, les plus grands esprits de l'histoire, d'Einstein à Spinoza en passant par les philosophes antiques comme Parménide qui théorisait l'Être comme une plénitude unique et immuable, ont dû admettre que l'univers est sous-tendu par une forme de conscience universelle, intelligente et régulatrice.

Pour nous, cette conscience universelle et ce modèle d'harmonie trouvent une résonance profonde dans la riche tradition spirituelle du soufisme, qui a si profondément façonné l'identité philosophique du Maroc.

Cette école de pensée a toujours su concilier la transcendance absolue et l'immanence divine, démontrant que l'infiniment grand et l'infiniment petit se rejoignent dans une seule et même réalité sacrée.

Elle est l'expression d'un Dieu unique qui proclame Sa transcendance absolue dans le Coran, Sourate Al-Shura : ليس كمثله شيء « Rien ne Lui est semblable », et dont la volonté extrait le monde du néant par le simple ordre de Sa parole, Sourate Yasin : إنما أمره إذا أراد شيئا أن يقول له كن فيكون« Quand Il veut une chose, Son commandement consiste seulement à dire : "Sois", et elle est ».

Pourtant, cette grandeur absolue s'accompagne d'une proximité immédiate, car Il affirme, Sourate Qaf : ونحن أقرب إليه من حبل الوريد « Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire » et rappelle que Sa présence emplit tout l'espace, Sourate Al-Baqarah : فأينما تولوا فثم وجه الله « Où que vous vous tourniez, là est la Face d’Allah ».

C'est l'essence même de l'attribut Al-Latîf, le Subtil. Cette présence infiniment fine, impalpable mais omnisciente, régit aussi bien la trajectoire d'un électron sous le mur de Planck, l'harmonie secrète des lettres et des nombres, que le destin d'un match ou la justesse des actions humaines.


Lundi 6 Juillet 2026

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