Une manifestation qui vire au drame
Samedi, Alex Pretti, infirmier américain de 37 ans travaillant en service de réanimation dans un hôpital pour anciens combattants, a été tué par balles lors d’un rassemblement contre la présence de la police fédérale de l’immigration dans le centre-ville. Sa mort survient moins de trois semaines après celle de Renee Good, une autre citoyenne américaine abattue le 7 janvier lors d’une intervention similaire.
Les manifestants dénonçaient ce qu’ils considèrent comme des opérations musclées et injustifiées des forces fédérales. Rapidement, la situation a dégénéré. Des images largement partagées montrent une intervention violente de la police, suivie de tirs mortels. Un choc pour une ville déjà sous pression depuis plusieurs semaines.
Deux lectures opposées de la crise
Dimanche, Bill Clinton a estimé que « ceux qui croient en la promesse de la démocratie américaine doivent se lever et parler ». Il a accusé l’administration actuelle d’avoir menti sur les circonstances des décès. Barack Obama, de son côté, a évoqué un nécessaire « sursaut citoyen », affirmant que les valeurs fondamentales du pays sont aujourd’hui attaquées.
À l’opposé, Donald Trump a rejeté la responsabilité sur les élus démocrates locaux et de l’État du Minnesota. Sur sa plateforme Truth Social, il a dénoncé le « chaos » provoqué, selon lui, par leur opposition à sa politique migratoire. Deux récits s’affrontent frontalement, alimentant la fracture nationale.
Des versions officielles contestées
La mort d’Alex Pretti a suscité une vive polémique. La ministre de la Sécurité intérieure a accusé l’infirmier de vouloir mettre en danger les agents, allant jusqu’à évoquer un acte de terrorisme. Une version immédiatement contestée. Une analyse de vidéos par plusieurs médias montre Alex Pretti filmant la scène avec son téléphone, tentant de s’interposer pour protéger une manifestante, avant d’être maîtrisé au sol.
Quelques secondes plus tard, plusieurs coups de feu sont tirés à bout portant sur son corps. Ses parents ont dénoncé des « mensonges écoeurants » et réclamé la vérité. Un juge fédéral a ordonné la préservation des preuves dans le cadre de l’enquête, un signal fort dans un climat de défiance.
Une ville sous tension permanente
Dimanche, près d’un millier de personnes se sont rassemblées dans le centre-ville de Minneapolis pour rendre hommage à Alex Pretti. Malgré un froid glacial, les habitants sont venus déposer fleurs et bougies. Beaucoup disent leur colère, mais aussi leur détermination à continuer de manifester pacifiquement.
Le gouverneur démocrate du Minnesota a demandé que l’enquête soit confiée aux autorités locales, affirmant qu’on ne peut pas faire confiance à l’État fédéral dans cette affaire. Pendant ce temps, plusieurs grandes entreprises du Minnesota ont appelé publiquement à une désescalade immédiate.
Une fracture qui s’élargit
Ces événements relancent le débat sur l’usage de la force par les autorités fédérales et sur la polarisation extrême de la société américaine. Alors que les appels au calme se multiplient, le pays semble à un moment charnière. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si la tension retombera… ou si Minneapolis devient le symbole d’une crise plus profonde.