Clôture à Merzouga du Rally IA Future Lab : le Maroc affirme sa voie numérique


Rédigé par le Dimanche 21 Juin 2026



À Merzouga, la première édition du Rally IA Future Lab s’est achevée sur un message politique fort : l’intelligence artificielle doit devenir un levier de souveraineté, d’équité territoriale et de création de valeur pour le Maroc. Dans son mot de clôture, la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration a salué la mobilisation de 1 000 jeunes et l’émergence de 138 projets, tout en traçant les contours d’une « troisième voie » marocaine de l’IA.

La ministre de la Transition numérique a défendu une intelligence artificielle souveraine, inclusive et ancrée dans les territoires

Pendant quatre jours, Merzouga n’a pas seulement accueilli un événement technologique. La localité saharienne est devenue, selon les mots de la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, un « laboratoire vivant » où jeunes talents, chercheurs, entrepreneurs, mentors, experts et acteurs institutionnels ont travaillé autour d’une même ambition : imaginer le Maroc de demain. Organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la première édition du Rally IA Future Lab a voulu démontrer que l’intelligence artificielle ne doit pas rester concentrée dans les grands centres urbains, mais devenir une opportunité partagée par l’ensemble des territoires.

Cette orientation rejoint les priorités nationales régulièrement mises en avant par le Royaume : développement du capital humain, réduction des fractures territoriales, montée en compétences et modernisation de l’action publique. Dans son discours de clôture, la ministre a insisté sur une conviction centrale : partout au Maroc existent des talents capables d’innover, de créer et de contribuer aux grandes transformations numériques. À Merzouga, cette idée s’est traduite par une mobilisation massive de 1 000 participantes et participants issus des différentes régions du pays.

Le bilan annoncé à la clôture donne la mesure de l’ambition. En quelques jours, les participants ont fait émerger 138 projets autour de dix thématiques, notamment l’éducation, la santé, l’énergie, l’agriculture, les services publics et le développement territorial. Ces secteurs ne sont pas choisis au hasard. Ils correspondent aux grands défis auxquels le Maroc est confronté : améliorer l’accès aux services essentiels, optimiser la gestion des ressources, renforcer la compétitivité économique et adapter les politiques publiques aux réalités locales.

L’intérêt du Rally IA Future Lab réside aussi dans sa méthode. Les jeunes n’ont pas été placés dans une posture théorique, mais confrontés à des problèmes concrets. La ministre a salué leur capacité à chercher, expérimenter, corriger, recommencer et persévérer. Cette démarche est essentielle dans le domaine de l’intelligence artificielle, où la valeur d’une solution ne se mesure pas seulement à sa performance technique, mais à son utilité réelle sur le terrain.

Pour le Maroc, l’enjeu est désormais de transformer ces idées en projets durables. Les prototypes issus de Merzouga devront être approfondis, testés, accompagnés et éventuellement intégrés dans des écosystèmes d’innovation plus structurés. C’est à ce niveau que se jouera la portée réelle de l’initiative.

Le mot de clôture a également posé une vision plus large : celle d’une souveraineté numérique construite par les compétences nationales, la maîtrise des technologies, la gouvernance des données et le développement d’infrastructures adaptées. La ministre a évoqué la perspective de douze instituts Jazari répartis dans l’ensemble du Royaume, conçus comme des pôles d’innovation, de recherche appliquée, de développement technologique et de co-création de solutions régionales.

Cette logique territoriale est importante. Elle vise à éviter que l’innovation numérique ne soit réservée à quelques métropoles, en permettant à chaque région de contribuer à l’effort national. Dans un pays marqué par la diversité de ses besoins économiques, sociaux et géographiques, cette approche peut favoriser une intelligence artificielle plus proche des réalités locales, qu’il s’agisse d’agriculture intelligente, de gestion de l’eau, d’éducation adaptée ou de services publics numériques.

La ministre a aussi défendu l’idée d’une « troisième voie » marocaine de l’intelligence artificielle. Celle-ci reposerait sur une souveraineté technologique opérationnelle, une modernité authentique, une puissance technologique d’équilibre et une coopération internationale conçue comme un levier de puissance plutôt que de dépendance. Autrement dit, le Maroc entend coopérer avec le monde sans renoncer à maîtriser ses données, ses infrastructures et ses choix stratégiques.

L’un des points forts du discours réside dans l’appel à une intelligence artificielle utile, accessible, maîtrisée et gouvernée. Cette vision rompt avec une approche purement spectaculaire de l’IA. Elle privilégie des solutions capables d’améliorer les services publics, de soutenir l’inclusion territoriale, de renforcer l’économie et de consolider les compétences nationales.




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Dimanche 21 Juin 2026
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