Commerce ambulant : Le mode d'intégration économique et sociale du CESE


Rédigé par Noureddine Batije le Mardi 21 Décembre 2021

Suite à une auto-saisine, le Conseil économique, social et environnemental se prononce sur le commerce ambulant.
A travers son avis, récemment rendu public, ce Conseil appelle à la mise en place d’une stratégie nationale d’intégration économique et sociale des marchands ambulants et émet, à ce titre, un certain nombre de propositions-recommandations.



Au préalable, il a bien fallu planter le décor.

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Certes, le CESE reconnaît au commerce ambulant son rôle socioéconomique important en tant que débouché pour la production nationale et secteur occupant un nombre relativement important d’une main d'œuvre faiblement qualifiée.

Toutefois, il ne peut, de toute évidence, s’empêcher de mettre l’accent sur le fait que la prolifération de ce commerce favorise la précarité sur le marché de l'emploi, exerce une concurrence déloyale vis-à-vis du secteur formel et pénalise l'économie nationale, avec un manque à gagner en matière de recettes fiscales.
Sans oublier bien d’autres maux d’une tout autre nature dont les problèmes d’encombrement et d’occupation illégale de l’espace public, d’hygiène, de salubrité, de tranquillité publique et de sécurité des citoyens.

Où en est-on aujourd’hui ?

A aujourd’hui, le CESE reconnaît aussi que ce genre de commerce continue de poser d'épineux problèmes aux pouvoirs publics tant au niveau central qu'au niveau local. D’autant plus que le nombre de marchands ambulants ne cesse d'augmenter à un rythme qui échappe au contrôle des pouvoirs publics.

A ce niveau, le seul chiffre avancé est celui datant de l’année 2014. Soit 430.000 individus qui, à leur tour, font vivre des familles. Ce qui, quelque part, renseigne sur le volume des ménages pris en charge par ce genre d’activité qui, qu’on le veuille ou non, a gagné en intensité le long de l’actuelle crise sanitaire dont les répercussions ont été des plus manifestes au niveau du marché de travail ou d’opportunités d’emploi.
Sans oublier, bien entendu, la faible croissance économique, l’exode rural, ou encore, le chômage et le décrochage scolaire intimement liés aux différents dysfonctionnements dont souffre l’écosystème d'éducation, d'enseignement et de formation.

Et c’est, d’ailleurs, ce qui fait que le CESE estime qu’il est primordial voir urgent d’adopter et de mettre en œuvre les mesures nécessaires permettant de réussir l’intégration économique et sociale des marchands ambulants. Sachant que les efforts, jusqu’ici, menés, se sont révélés peu efficients dont le programme national de réhabilitation des marchands ambulants 2015-2018 qui, finalement, sur une cible de 430.000 personnes recensées n’a concerné, en tout et pour tout, que 124.000.


Ce que recommande le CESE

Conscient du caractère critique de ce sujet, le CESE plaide, à travers cet avis, pour la mise en place d’une stratégie nationale pour l’intégration économique et sociale des marchands ambulants, issue de sa stratégie intégrée de résorption de l’informel sur le moyen/long terme.
C’est pourquoi le CESE appelle aujourd’hui à la mise en place d’un certain nombre de recommandations dont :
La mise en place d’un système de formation professionnelle ouvert qui permettait aux marchands ambulants d’envisager l’exercice d’autres activités alternatives formelles ;

La création de programmes de formations flexibles dans les domaines de lutte contre l’analphabétisme, des technologies numériques, de la santé et la sécurité, le service client, le marketing ou même la gestion. Le CESE recommande un appui financier de l’Etat pour faire adhérer les marchands ambulants à ce genre programme;

L’organisation et la réglementation des différents métiers dans les différents secteurs, la généralisation des programmes de réhabilitation et la reconnaissance des acquis d’expérience professionnelle ;

Tirer profit de la mise en œuvre du projet de protection sociale pour généraliser l’adhésion des marchands ambulants au système auto entrepreneurs et les doter ainsi de cartes professionnelles ;

Simplifier les procédures d’autorisation d’occupation temporaire du domaine public par les marchands ambulants ;

 L’accélération de la mise en place de la stratégie nationale de l'intégration financière;

Envisager la possibilité d’intégrer un programme de formation professionnelle en tant qu’alternative aux peines privatives de liberté pour  personnes condamnées et vivants dans des conditions de précarité ;

Encourager l’investissement privé à prendre part au projet d’intégration des marchands ambulants dans le cadre de partenariats public- privé dans un certain nombre de domaines dont la création de marchés de proximité.




Mardi 21 Décembre 2021
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