Commerce mondial sous pression dans le Golfe


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Jeudi 12 Mars 2026

La paralysie du trafic dans le détroit d’Hormuz, passage stratégique du commerce mondial, provoque une hausse spectaculaire des primes d’assurance maritime, pouvant atteindre 1 million de dollars par voyage pour un pétrolier. Les coûts du fret, du carburant et de l’énergie s’envolent, accentuant la pression sur les chaînes d’approvisionnement internationales.



Trafic maritime paralysé

Depuis fin février, le nombre quotidien de navires transitant par le détroit est tombé de 129 à seulement 3-6 navires par jour, soit une chute d’environ 97 %. Cette baisse impacte le transport de pétrole, de gaz naturel liquéfié et d’engrais, essentiels aux marchés asiatiques et mondiaux. En 2024, 25 % du pétrole mondial transporté par mer passait par cette route, soit 14 millions de barils de pétrole brut et 6 millions de barils de produits raffinés par jour.
 
Flambée des coûts et indices en hausse
 
Entre le 27 février et le 6 mars 2026, l’indice Baltic Dirty Tanker a progressé de 54 %, et l’indice Baltic Clean Tanker de 72 %. Le carburant maritime a doublé sur la même période. Les primes d’assurance, elles, ont explosé : pour un pétrolier de 100 millions de dollars, elles peuvent désormais atteindre jusqu’à 1 million de dollars par voyage, contre 250.000 dollars avant la crise. Ces hausses viennent s’ajouter à l’augmentation des tarifs de fret et du carburant.
 
Impact sur l’énergie et l’agriculture
 
La tension géopolitique fait grimper les prix du pétrole de 27 %, à 91,8 dollars le baril, et le gaz de 74 %. Les perturbations affectent aussi le commerce mondial d’engrais, dont un tiers transite par le détroit. Des pays comme le Soudan, le Sri Lanka, l’Australie ou la Tanzanie sont particulièrement exposés, dépendant fortement des importations depuis le Golfe Persique.
 
Risques pour les marchés mondiaux
 
Les perturbations dans le détroit entraînent déjà une flambée des rendements obligataires dans la région et une forte pression sur les prix alimentaires et énergétiques. La vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales est ainsi mise en lumière, avec des risques immédiats pour le commerce international.





Jeudi 12 Mars 2026
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