Confiance des ménages : un mieux sur un an, mais un net recul au deuxième trimestre 2026


Rédigé par le Vendredi 17 Juillet 2026

L’Indice de confiance des ménages s’est établi à 60,1 points au deuxième trimestre 2026. Il demeure supérieur à son niveau enregistré un an plus tôt, mais recule nettement par rapport au premier trimestre. Derrière cette évolution contrastée, les ménages marocains continuent de décrire une réalité dominée par la dégradation du niveau de vie, la crainte du chômage et la faiblesse de l’épargne.



La confiance des ménages marocains marque le pas.

Selon les résultats de l’enquête permanente de conjoncture menée par le Haut-Commissariat au Plan, l’Indice de confiance des ménages, l’ICM, s’est établi à 60,1 points au deuxième trimestre 2026, contre 64,4 points au trimestre précédent. Il enregistre ainsi une baisse trimestrielle de 4,3 points.

La comparaison annuelle livre toutefois une image moins sombre. Au deuxième trimestre 2025, l’indice n’était que de 54,6 points. Sur un an, il progresse donc de 5,5 points.

Autrement dit, la confiance des ménages s’est améliorée par rapport à l’année dernière, mais la dynamique positive observée au début de 2026 s’est interrompue. 

Ce double mouvement mérite d’être lu avec prudence. Il ne traduit ni une franche amélioration du moral des ménages, ni un effondrement généralisé. Il révèle plutôt une confiance encore fragile, soumise aux tensions du pouvoir d’achat et aux incertitudes sur l’emploi.

Le niveau de vie reste la principale source d’inquiétude

Le constat le plus sévère concerne l’évolution récente du niveau de vie. Au deuxième trimestre 2026, 78,3 % des ménages déclarent que leur niveau de vie s’est dégradé au cours des douze derniers mois. À l’inverse, seuls 5,2 % perçoivent une amélioration, tandis que 16,5 % estiment qu’il est resté stable.

Le solde d’opinion correspondant s’établit à -73,1 points, contre -69,3 points au trimestre précédent et -69,2 points un an auparavant. Sur ce terrain, la perception s’est donc détériorée à la fois sur trois mois et sur un an.

Les anticipations ne sont guère plus rassurantes. 51 % des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie au cours des douze prochains mois. Ils sont 39,7 % à prévoir une stabilité et seulement 9,3 % à espérer une amélioration. Le solde d’opinion tombe à -41,7 points, contre -28,8 points au premier trimestre 2026. 

La confiance globale résiste donc mieux que ne le laisseraient penser les perceptions relatives au niveau de vie. C’est précisément ce décalage qui rend l’indicateur difficile à interpréter sans examiner ses différentes composantes.

Le chômage inquiète, malgré une amélioration annuelle

Sur le front de l’emploi, 57,2 % des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des douze prochains mois. Ils sont 18,4 % à prévoir une diminution et 24,4 % une stagnation.

Le solde d’opinion s’établit à -38,8 points. Il se dégrade par rapport au trimestre précédent, où il était de -34,7 points*, mais s’améliore nettement par rapport au deuxième trimestre 2025, lorsqu’il atteignait -57,5 points.

La perception du marché du travail illustre ainsi le mouvement général de l’enquête : la situation paraît moins négative qu’un an auparavant, mais l’optimisme observé au trimestre précédent s’est affaibli. 

Consommation et épargne toujours sous pression

Les ménages restent également prudents face aux achats importants.
65,3 %** considèrent que le moment n’est pas opportun pour acquérir des biens durables, contre 14,7 % qui pensent le contraire. Le solde d’opinion s’établit à -50,6 points, en légère amélioration par rapport au trimestre précédent, où il était de -51 points, et plus nettement par rapport à l’année précédente, à -62,8 points.

La situation financière demeure, elle aussi, très contrainte. 58,7 % des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses. Mais 38,7 % déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne. Seuls 2,6 % affirment pouvoir mettre de côté une partie de leurs revenus.

Le pessimisme est encore plus marqué lorsqu’il s’agit de la capacité future à épargner. Le solde d’opinion correspondant atteint -80,9 points, contre -75,7 points au trimestre précédent. 

Enfin, la perception des prix alimentaires reste extrêmement négative. Le solde relatif à leur évolution au cours des douze derniers mois s’établit à -97 points, contre -92,7 points au premier trimestre 2026 et -92,5 points un an auparavant.

Au total, l’Indice de confiance des ménages reste supérieur à son niveau de 2025, mais son recul trimestriel rappelle que l’amélioration demeure précaire.

Les ménages perçoivent toujours une forte érosion du niveau de vie, redoutent la progression du chômage et disposent de marges financières limitées. La confiance remonte sur un an, certes. Mais elle ne s’est pas encore transformée en sentiment durable d’amélioration.

En chiffres la confiance des ménages

Indice de confiance des ménages (ICM) : 60,1 points, contre 64,4 au T1 2026 et 54,6 au T2 2025. 78,3 % des ménages estiment que leur niveau de vie s'est dégradé durant les douze derniers mois. 51,0 % anticipent une nouvelle dégradation du niveau de vie au cours des douze prochains mois. 57,2 % pensent que le chômage augmentera dans l'année à venir. 65,3 % jugent que ce n'est pas le bon moment pour acheter des biens durables. 58,7 % déclarent que leurs revenus couvrent juste leurs dépenses. 38,7 % disent devoir s'endetter ou puiser dans leur épargne. Seuls 2,6 % affirment pouvoir épargner une partie de leurs revenus. 43,8 % estiment que leur situation financière s'est dégradée au cours des douze derniers mois. Pour l'année à venir : 17,8 % prévoient une amélioration de leur situation financière ; 64,5 % un maintien ; 17,7 % une dégradation. Le solde relatif à la capacité future d'épargne atteint -80,9 points. Le solde concernant l'évolution passée des prix des produits alimentaires est de -97,0 points, l'un des indicateurs les plus dégradés de l'enquête. Le solde sur l'évolution future des prix alimentaires est de -75,2 points.




Vendredi 17 Juillet 2026
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