Corée du Nord : Kim Jong-un soutient toujours la guerre de la Russie en Ukraine


Rédigé par le Mardi 28 Avril 2026



Les médias d’État nord-coréens ont de nouveau relayé le soutien de Kim Jong-un à la Russie dans sa guerre en Ukraine, qualifiée de « guerre sacrée ». Cette prise de position confirme l’alignement politique et stratégique croissant de Pyongyang sur Moscou dans un contexte de reconfiguration des alliances internationales.

L'approfondissement du partenariat entre Pyongyang et Moscou

La Corée du Nord ne se contente plus d’une sympathie diplomatique abstraite envers Moscou. En réaffirmant son soutien à la Russie dans ce que les médias officiels décrivent comme une « guerre sacrée », Kim Jong-un confirme un alignement de plus en plus assumé. Cette rhétorique n’a rien d’anodin. Elle inscrit le conflit ukrainien dans une grille idéologique de confrontation globale avec l’Occident, que Pyongyang partage volontiers avec le Kremlin. Le choix des mots sert à légitimer la guerre, à renforcer la solidarité politique entre les deux régimes et à envoyer un signal clair à leurs adversaires.

Depuis plusieurs mois, le rapprochement entre la Russie et la Corée du Nord s’est intensifié. Il repose sur une convergence d’intérêts évidente. Moscou, confronté aux effets prolongés de la guerre et aux sanctions occidentales, cherche des appuis politiques, diplomatiques et matériels. Pyongyang, de son côté, y voit une occasion de sortir partiellement de son isolement, de renforcer sa valeur stratégique et d’obtenir, directement ou indirectement, des bénéfices économiques, technologiques ou sécuritaires. Ce rapprochement ne relève donc pas uniquement d’une posture idéologique. Il correspond à une transaction géopolitique dont les implications inquiètent plusieurs capitales.

Le soutien verbal de Kim Jong-un doit être lu dans ce cadre. Il traduit la volonté de faire de la relation avec la Russie un axe majeur de la politique extérieure nord-coréenne. Il sert aussi à consolider, sur le plan intérieur, le récit d’un régime en résistance contre un ordre international hostile. En qualifiant la guerre de Moscou de cause légitime, Pyongyang se place dans une logique de camp, où les alliances se nouent sur l’hostilité commune envers les États-Unis.

Cette évolution pèse sur les équilibres stratégiques bien au-delà du théâtre ukrainien. Elle rejaillit sur la sécurité en Asie du Nord-Est, sur les rapports entre grandes puissances et sur le régime international de sanctions. Elle montre aussi que la guerre en Ukraine continue de redessiner les alliances dans des zones très éloignées du front. En soutenant sans ambiguïté Moscou, Kim Jong-un ne se contente pas d’un geste de solidarité. Il confirme que la Corée du Nord entend peser dans une recomposition mondiale fondée sur les antagonismes, les dépendances croisées et la politisation maximale des conflits.




Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la… En savoir plus sur cet auteur
Mardi 28 Avril 2026
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