Course féminine de la Victoire : 12 000 participantes, et une dynamique à confirmer


Rédigé par VSD le Samedi 2 Mai 2026



La 16e édition de la Course féminine de la Victoire a rassemblé plus de 12 000 participantes. Le chiffre impressionne, l'image marque les esprits. Au-delà du moment festif, l'événement raconte une transformation lente mais réelle de la place du sport féminin dans la société marocaine.

Lancée il y a seize ans, la course est devenue un rendez-vous structurant du calendrier sportif national. Au fil des éditions, elle a élargi son public, diversifié ses participantes, associé des causes sociales — lutte contre le cancer du sein, droits des femmes, éducation des filles. La dimension symbolique dépasse largement le cadre purement athlétique. Voir des milliers de femmes courir ensemble dans les rues de Rabat, toutes générations confondues, demeure un message fort dans une société où les corps féminins en mouvement restent parfois sujets à commentaires.

Le sport féminin marocain a connu des avancées notables. Les performances de Soufia Boukrim et Imane Triki en athlétisme, Khouloud Ibrahimi et le parcours de l'équipe nationale féminine de football qualifiée pour la Coupe du monde 2023, l'émergence de figures dans le tennis, le judo, le basket — autant de signaux d'une dynamique réelle. Les Lionnes de l'Atlas ont rempli les stades, brisé des plafonds de verre, fait évoluer les regards.

Pour autant, les obstacles persistent. L'accès aux infrastructures sportives reste inégal selon les territoires et les milieux sociaux. Les budgets alloués au sport féminin demeurent inférieurs à ceux du masculin. Les vocations se heurtent encore, dans certaines familles, à des résistances culturelles.

La pratique sportive régulière des Marocaines, mesurée par les enquêtes du HCP, reste très en retrait des standards internationaux.

Une course rassemble. Elle ne suffit pas. Les politiques publiques, les médias, les sponsors, les fédérations doivent prolonger la dynamique. Faute de quoi, ces 12 000 silhouettes du dimanche resteront une belle image, sans transformation structurelle de la pratique quotidienne.




Samedi 2 Mai 2026
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