Crédit au secteur non financier : les entreprises propulsent la croissance à 5,8% selon BAM


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 30 Mars 2026

Porté par la reprise progressive de l’investissement, le crédit bancaire au secteur non financier accélère au Maroc. En février 2026, il progresse de 5,8%, selon Bank Al-Maghrib. Derrière cette dynamique, les entreprises mènent la cadence, tandis que les ménages restent en retrait et que les créances en souffrance appellent à la vigilance.



En février 2026, le crédit bancaire au secteur non financier s’est inscrit en hausse de 5,8%, après 5,4% un mois plus tôt, d’après les dernières statistiques monétaires publiées par Bank Al-Maghrib. Une progression mesurée, presque attendue, mais qui confirme une inflexion : le financement de l’économie repart, lentement, sans emballement.
 

Dans les faits, cette dynamique repose d’abord sur les entreprises. Les crédits accordés aux sociétés non financières privées ont progressé de 3,6%, contre 3,1% en janvier. Les entreprises publiques, elles, accélèrent davantage, avec une hausse de 6,3% après 5,6%. Ce double mouvement traduit une réalité de terrain : les besoins de financement reviennent, portés par des projets d’investissement qui reprennent, parfois à bas bruit.
 

Du côté des ménages, le ton est plus nuancé. Les crédits qui leur sont destinés évoluent à un rythme quasi inchangé, à 3,4%. Ni recul, ni véritable reprise. Dans un contexte encore incertain, les arbitrages restent prudents. On emprunte, oui, mais sans excès. Le souvenir des tensions récentes n’est pas totalement dissipé.
 

Par type de financement, les contrastes sont encore plus visibles. Les facilités de trésorerie continuent de reculer, mais à un rythme moins prononcé (-2,9%), signe que certaines pressions sur la liquidité commencent à s’atténuer. Les crédits immobiliers, eux, stagnent à 3,6%, tout comme les prêts à la consommation, à 3,9%. Le marché reste stable, sans véritable impulsion.
 

En revanche, un indicateur attire clairement l’attention : les prêts à l’équipement. Ils enregistrent une hausse de 21%, marquant un net regain de l’investissement productif. Dans le privé, la progression atteint 13,6%, confirmant une montée en puissance progressive. Du côté des entreprises publiques, la croissance reste élevée à 18,9%, bien qu’en léger ralentissement.
 

Reste un point de vigilance. Les créances en souffrance poursuivent leur hausse, à 5,1% après 4,6% le mois précédent. Leur ratio sur l’encours global atteint désormais 8,4%, contre 8,3% en janvier. Une évolution contenue, mais qui rappelle que la reprise du crédit s’accompagne toujours d’un risque latent.
 

Au final, ces chiffres dessinent une économie marocaine qui avance, sans rupture mais avec détermination. Les entreprises reprennent la main, l’investissement redémarre. Les ménages observent encore. Et les banques, elles, continuent d’arbitrer entre soutien à la croissance et gestion du risque un équilibre délicat, mais essentiel.





Lundi 30 Mars 2026
Dans la même rubrique :