Crédit bancaire: +8,4% à fin janvier 2026


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 3 Mars 2026

À fin janvier 2026, l’industrie bancaire marocaine affiche une santé robuste : les encours de crédit continuent de croître, portés par la demande d’investissement des entreprises et les besoins des ménages en logement. Pourtant, derrière ce tableau encourageant se cachent des signaux de prudence, notamment le recul des facilités de trésorerie. Un éclairage nécessaire pour comprendre comment les banques marocaines financent l’économie à l’aube de 2026.



L’encours total du crédit bancaire au Maroc s’est établi à 1 228,6 milliards de dirhams (MMDH) à fin janvier 2026, enregistrant une progression significative de 8,4 % sur un an par rapport à janvier 2025, selon les derniers chiffres publiés par Bank Al-Maghrib (BAM) dans son tableau de bord « Crédits-Dépôts bancaires ». Cette performance illustre une dynamique de crédit qui dépasse largement la croissance enregistrée l’an dernier et reflète une relance plus marquée de l’investissement et du pouvoir d’achat dans le royaume.
 

Dans le détail, la progression du crédit se répartit de façon contrastée entre les différents acteurs économiques. Les agents non financiers essentiellement les entreprises et les ménages ont vu leurs encours augmenter de 5,3 %, tandis que les agents financiers enregistrent une hausse spectaculaire de 23,8 %, signe d’une plus grande interconnexion entre les établissements bancaires eux-mêmes. Cette croissance soutenue du crédit interbancaire peut être interprétée comme un renforcement de la liquidité du système, mais aussi comme une réponse des banques à des pressions de financement réciproques.


Une dynamique d’investissement portée par l’équipement et l’immobilier

Du côté des entreprises non financières privées, la croissance du crédit se maintient sur une trajectoire positive avec +3,7 % en glissement annuel. Ce chiffre, bien que modéré, cache une réalité plus nuancée : d’un côté, les crédits à l’équipement essentiels pour moderniser les outils de production ont connu une envolée de 14,5 %, traduisant une reprise de l’investissement productif après des périodes d’incertitude. De l’autre, les prêts à la promotion immobilière ont progressé de 7,6 %, signe que le secteur de la construction et du logement continue d’attirer des financements.
 

Cependant, ce tableau favorable est tempéré par le repli des facilités de trésorerie (-4,3 %), une composante du crédit de court terme souvent utilisée pour assurer la liquidité des entreprises. Ce recul suggère une prudence accrue des banques face aux demandes de financement à court terme dans un contexte économique incertain, notamment face aux fluctuations des coûts de production et à des marges opérationnelles parfois compressées.


Ménages : l’immobilier encore moteur

Les crédits accordés aux ménages ont progressé d’environ 3,3 % sur un an, portée par deux segments clés : les prêts à l’habitat (+3 %) et les crédits à la consommation (+3,8 %). Cette évolution traduit une demande persistante pour l’accession à la propriété, reflet des besoins d’une classe moyenne en expansion et de l’importance socio-économique du logement dans la consommation des ménages marocains.
 

Pour le citoyen, ces chiffres sont encourageants. Ils montrent que malgré l’environnement macroéconomique complexe marqué par des ajustements de politiques monétaires internationales et des pressions inflationnistes, le système bancaire marocain demeure un pilier de financement solide. Toutefois, la contraction des facilités de trésorerie rappelle que la prudence reste de mise, tant pour les entreprises que pour les ménages qui empruntent.

Dans un contexte où la croissance du crédit reflète à la fois la confiance des acteurs économiques et les défis structurels du financement à court terme, il est essentiel que décideurs, entrepreneurs et citoyens continuent de suivre de près l’évolution des politiques monétaires et des pratiques bancaires. Car derrière ces chiffres se jouent des décisions quotidiennes investir, acheter un logement, entreprendre qui dessinent l’avenir économique du Maroc.





Mardi 3 Mars 2026
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