Derrière l’apparente unité, la tension est à son comble. Plusieurs médias locaux évoquent un climat explosif, nourri par des désaccords profonds sur la gouvernance. Au cœur du conflit : un double scandale financier qui fragilise sérieusement l’instance dirigeante.
Premier point de discorde, des versements jugés unilatéraux. Les frondeurs accusent le président d’avoir attribué, sans validation du COMEX, des primes de performance d’environ 13 millions de francs CFA (près de 20.000 euros) par bénéficiaire. Une démarche qui, selon eux, viole les règles internes de transparence.
Les critiques portent également sur l’identité des bénéficiaires. Certains dirigeants, dont Amadou Kane, Bacary Cissé ou Elimane Lam, auraient perçu ces primes alors qu’ils ne faisaient pas partie de la délégation officielle lors de la CAN. À l’inverse, des figures historiques et membres du staff auraient été écartés, alimentant un sentiment d’injustice.
À cette polémique s’ajoute celle des primes exceptionnelles accordées par le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, estimées à 50 millions de francs CFA (environ 76.000 euros). Les membres contestataires réclament une répartition équitable de cette enveloppe, accusant Abdoulaye Fall de favoriser son entourage.
Face à la situation, les 16 membres du COMEX ont demandé une audience urgente avec le président. Une requête à laquelle il aurait répondu en les redirigeant vers le secrétariat général, une réaction perçue comme un manque de considération.
Alors que l’opinion publique s’empare du dossier, la fracture au sein de la fédération semble profonde. Cette crise pourrait avoir des répercussions majeures sur l’organisation du football sénégalais dans les semaines à venir.