De la diplomatie de l'hospitalité à la souveraineté du Tarmac


Par Omar Hasnaoui Chaoui.

C’est un constat de géopolitique sportive d'une ironie grinçante, et le contraste est saisissant. D'un côté, le sens de l'accueil et la diplomatie de la considération (le lait, les cornes de gazelle, le confort des TGV) se payent parfois de caprices logistiques disproportionnés et de récriminations sur les moustiques ou le sens du vent.

De l'autre, la rigueur implacable des tarmacs américains, où la souveraineté ne s'embarrasse d'aucune fioriture, impose un silence de cathédrale et une discipline exemplaire.



Souvenons-nous des débordements lors de la Coupe d'Afrique des Nations chez nous, au Maroc.

Dès la descente du train en provenance de Tanger, la moindre contrariété logistique prenait des proportions de crise nationale pour la délégation sénégalaise.

On protestait contre la sécurité, on menaçait de refuser de fouler la pelouse, pour finir par les éclats et le désordre que l'on sait dans les tribunes.

Que dire également de nos amis Égyptiens, qui troquaient volontiers le fair-play contre de mémorables complaintes sur les moustiques locaux, transformant chaque détail en affaire d'État ?

Quand le Maroc déploie le tapis rouge, d'aucuns trouvent toujours le moyen d'y chercher la petite bête.

Changement de décor, changement d'ambiance de l'autre côté de l'Atlantique.

Les images récentes nous montrent les joueurs sénégalais alignés sagement sur le goudron, soumis à des fouilles corporelles et à des contrôles de bagages à même le tarmac, sous l'œil inflexible des agents de sécurité.

Et là, ô miracle du pragmatisme : pas un mot, pas une protestation, pas le moindre murmure. La discipline est absolue, l'obéissance immédiate. On se plie aux injonctions sans brancher.

Il faut dire qu'aux États-Unis, Monsieur Trump n’est pas précisément d’humeur à ce que les gens se livrent à des caprices. Face à la perspective d'un renvoi immédiat par le premier vol et sans autre forme de procès, les récriminations s'évanouissent instantanément.

L'autorité, semble-t-il, s'impose d'autant mieux qu'elle ne s'encombre d'aucune civilité.

La leçon de cette parabole footballistique est cruelle. À force de traiter nos hôtes avec une délicatesse excessive, nous leur laissons le loisir de cultiver l'art du grief. Les Américains, eux, rappellent une vérité immuable : le respect de la règle ne dépend pas de la douceur de l'accueil, mais de la fermeté de l'institution.

À méditer pour nos prochaines échéances. Si la générosité reste notre signature, elle ne devrait jamais nous dispenser du sens des réalités.

Par Omar Hasnaoui Chaoui.


Mercredi 10 Juin 2026

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