Une procédure classique
Selon Me Renaud Duchêne, spécialiste du droit du sport, ce délai de deux mois correspond à une logique procédurale standard : « La procédure a suivi son cours : une première instance, puis un appel introduit par la FRMF. La décision rendue en appel par la CAF est donc cohérente ». En sport, la rapidité est souvent perçue comme essentielle, mais la rigueur juridique prime sur l’immédiateté.
Le précédent Sénégal–Afrique du Sud
L’histoire récente du football africain met en perspective le débat. Le match Sénégal–Afrique du Sud des éliminatoires du Mondial 2018 avait été annulé pour arbitrage frauduleux. La FIFA avait enquêté et suspendu à vie l’arbitre Joseph Lamptey. La rencontre fut rejouée dix mois plus tard, qualifiant finalement le Sénégal pour le Mondial 2018.
Ce précédent démontre qu’un délai prolongé n’est pas inhabituel lorsque l’objectif est de préserver l’équité sportive. Deux mois pour trancher une affaire actuelle apparaît ainsi modeste face aux dix mois d’antan.
Cohérence et indépendance des instances
Le président de la CAF, Patrice Motsepe, rappelle que « Aucun pays africain n’est traité de manière plus privilégiée ». Le Jury disciplinaire et le Jury d’appel ont rendu des décisions différentes, preuve de l’indépendance et de la cohérence des instances. L’enjeu n’est donc pas le temps écoulé, mais la solidité et la légitimité de la décision.