Eau : former deux cents cadres, mais surtout changer les pratiques




La coopération allemande, à travers la GIZ, accompagne un programme de renforcement des capacités destiné à 200 cadres marocains du secteur de l'eau. L'initiative s'inscrit dans un contexte où la sécheresse, la pression démographique, l'urbanisation et la fragilité de certaines nappes obligent les institutions à revoir leurs méthodes.

  La formation annoncée ne se limite pas aux techniques classiques de gestion hydraulique. Elle doit intégrer la planification, l'analyse de données, les outils numériques, l'intelligence artificielle, la concertation territoriale et les solutions fondées sur la nature. Sur le terrain, cela signifie mieux mesurer, mieux prévoir et surtout mieux décider.

  Le Maroc a déjà engagé des investissements considérables dans les barrages, le dessalement, la réutilisation des eaux usées et les interconnexions. Mais l'eau reste un secteur où les ouvrages ne suffisent pas. Une station peut être moderne, un barrage imposant, un projet ambitieux ; sans gouvernance rigoureuse, coordination locale et compétences adaptées, l'efficacité se dilue vite.

  Former 200 responsables n'effacera pas la crise hydrique. En revanche, cela peut contribuer à installer une culture nouvelle : celle d'une ressource rare, gérée comme un bien stratégique et non comme une évidence éternelle. C'est probablement là que se situe le vrai enjeu.

Lundi 22 Juin 2026



Rédigé par le Lundi 22 Juin 2026
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