L'élection à l'unanimité de Tarik Hamane, directeur général de l'ONEE, à la tête de l'Association Marocaine de l'Eau Potable et de l'Assainissement pour le mandat 2026-2030 dépasse largement le cadre d'un simple changement institutionnel. Elle intervient dans un contexte où l'eau est devenue une question de souveraineté nationale, de résilience économique et de stabilité sociale.
Depuis plusieurs années, le Maroc investit massivement dans les barrages, le dessalement de l'eau de mer, la réutilisation des eaux usées et la modernisation des réseaux. Pourtant, une question demeure : le pays peut-il aussi devenir un acteur industriel de référence dans ce secteur stratégique ?
La nouvelle équipe dirigeante semble vouloir répondre par l'affirmative. L'ambition affichée consiste à renforcer l'ingénierie nationale, développer les compétences locales et favoriser l'émergence d'une industrie marocaine capable de répondre aux besoins du Royaume mais aussi d'exporter son savoir-faire vers l'Afrique.
Cette orientation s'inscrit dans une logique déjà observée dans l'automobile, l'aéronautique ou les énergies renouvelables : transformer une nécessité nationale en levier industriel.
Dans un continent confronté à une pression hydrique croissante, la bataille de l'eau ne se jouera plus seulement dans les barrages ou les stations de dessalement. Elle se jouera aussi dans les bureaux d'études, les laboratoires et les usines capables d'inventer les solutions de demain.