L’économie marocaine aborde l’année 2026 dans un équilibre délicat. Ni emballement, ni décrochage. Après une année 2025 marquée par une croissance solide mais progressivement ralentie, le Royaume entre dans une phase où les moteurs internes continuent de jouer leur rôle d’amortisseur, tandis que l’environnement international impose des contraintes de plus en plus visibles. Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), la croissance devrait légèrement accélérer au premier trimestre 2026 pour atteindre 4,2 %, après un rythme stabilisé autour de 4 % fin 2025
Cette trajectoire repose avant tout sur la demande intérieure, devenue le pilier central de l’activité économique. La consommation des ménages progresse à un rythme modéré mais régulier (+3,9 %), soutenue par la détente de l’inflation, les revalorisations salariales et les allègements fiscaux. À cela s’ajoute un investissement toujours dynamique, tiré par les grands chantiers d’infrastructures et l’effort soutenu des entreprises publiques. En clair, l’économie marocaine continue d’avancer grâce à ses ressorts internes, dans un contexte mondial moins porteur.
Car à l’extérieur, les signaux sont nettement plus contrastés. Le ralentissement du commerce mondial, particulièrement marqué au second semestre 2025, pèse sur les exportations de biens. Les industries exposées aux marchés européens – automobile, textile, phosphates – subissent de plein fouet la faiblesse de la demande et la montée des contraintes réglementaires. Résultat : les exportations de biens ont reculé en valeur à l’automne 2025, tandis que le déficit commercial s’est creusé de 31,9 %, ramenant le taux de couverture à 52,6 %
Les services, en revanche, jouent un rôle de contrepoids salutaire. L’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 a généré un effet d’entraînement notable sur le tourisme, les transports et les activités connexes. Les recettes de voyages ont bondi de près de 40 % sur les derniers mois de l’année, et le nombre de touristes a atteint un niveau record de 19,8 millions, dépassant largement celui de 2024
Cette dynamique illustre une réalité structurelle : le Maroc exporte de plus en plus de services, et ces derniers compensent partiellement les fragilités de l’appareil industriel.
Sur le front des prix, le tableau est inhabituel mais favorable. L’inflation est redevenue négative fin 2025 (–0,1 %), sous l’effet de la baisse des prix alimentaires et énergétiques. Le HCP anticipe même une poursuite de cette tendance au premier trimestre 2026, avec une inflation autour de –0,2 %. Cette désinflation soulage le pouvoir d’achat, mais elle pose aussi une question de fond : jusqu’où peut-elle durer sans refléter un affaiblissement plus profond de la demande externe ?
Le marché du travail, lui, envoie des signaux légèrement plus encourageants. L’emploi a progressé de 1,6 % au troisième trimestre 2025, avec plus de 220 000 créations nettes, principalement en milieu urbain. Le taux de chômage a reculé à 13,1 %, une amélioration réelle mais encore fragile, dans un pays où la croissance démographique et les attentes sociales restent élevées
Du côté des finances publiques, la situation est ambivalente. Les recettes fiscales progressent fortement (+15,8 % à fin novembre 2025), portées par l’impôt sur les sociétés et la dynamique économique globale. En parallèle, les dépenses – notamment d’investissement – augmentent à un rythme soutenu. Le déficit budgétaire s’est ainsi creusé à –68,8 milliards de dirhams, reflétant un choix assumé de soutien à l’activité, mais au prix d’un besoin de financement plus élevé
Enfin, les marchés financiers évoluent dans un climat plutôt favorable. La politique monétaire demeure accommodante, avec un taux directeur maintenu à 2,25 %. La Bourse de Casablanca affiche une performance remarquable : l’indice MASI progresse de 27,6 % en glissement annuel, portée par la confiance des investisseurs et la liquidité globale du système
Au final, l’économie marocaine entre en 2026 sans illusion mais sans panique. Sa croissance est réelle, ses fondamentaux tiennent, mais sa dépendance à un environnement international incertain reste un point de vulnérabilité majeur.
Le défi n’est plus seulement de croître, mais de transformer cette croissance en résilience durable, en renforçant la compétitivité industrielle, en consolidant les services exportables et en maîtrisant les équilibres macroéconomiques. Une équation complexe, mais désormais incontournable.
Cette trajectoire repose avant tout sur la demande intérieure, devenue le pilier central de l’activité économique. La consommation des ménages progresse à un rythme modéré mais régulier (+3,9 %), soutenue par la détente de l’inflation, les revalorisations salariales et les allègements fiscaux. À cela s’ajoute un investissement toujours dynamique, tiré par les grands chantiers d’infrastructures et l’effort soutenu des entreprises publiques. En clair, l’économie marocaine continue d’avancer grâce à ses ressorts internes, dans un contexte mondial moins porteur.
Car à l’extérieur, les signaux sont nettement plus contrastés. Le ralentissement du commerce mondial, particulièrement marqué au second semestre 2025, pèse sur les exportations de biens. Les industries exposées aux marchés européens – automobile, textile, phosphates – subissent de plein fouet la faiblesse de la demande et la montée des contraintes réglementaires. Résultat : les exportations de biens ont reculé en valeur à l’automne 2025, tandis que le déficit commercial s’est creusé de 31,9 %, ramenant le taux de couverture à 52,6 %
Les services, en revanche, jouent un rôle de contrepoids salutaire. L’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 a généré un effet d’entraînement notable sur le tourisme, les transports et les activités connexes. Les recettes de voyages ont bondi de près de 40 % sur les derniers mois de l’année, et le nombre de touristes a atteint un niveau record de 19,8 millions, dépassant largement celui de 2024
Cette dynamique illustre une réalité structurelle : le Maroc exporte de plus en plus de services, et ces derniers compensent partiellement les fragilités de l’appareil industriel.
Sur le front des prix, le tableau est inhabituel mais favorable. L’inflation est redevenue négative fin 2025 (–0,1 %), sous l’effet de la baisse des prix alimentaires et énergétiques. Le HCP anticipe même une poursuite de cette tendance au premier trimestre 2026, avec une inflation autour de –0,2 %. Cette désinflation soulage le pouvoir d’achat, mais elle pose aussi une question de fond : jusqu’où peut-elle durer sans refléter un affaiblissement plus profond de la demande externe ?
Le marché du travail, lui, envoie des signaux légèrement plus encourageants. L’emploi a progressé de 1,6 % au troisième trimestre 2025, avec plus de 220 000 créations nettes, principalement en milieu urbain. Le taux de chômage a reculé à 13,1 %, une amélioration réelle mais encore fragile, dans un pays où la croissance démographique et les attentes sociales restent élevées
Du côté des finances publiques, la situation est ambivalente. Les recettes fiscales progressent fortement (+15,8 % à fin novembre 2025), portées par l’impôt sur les sociétés et la dynamique économique globale. En parallèle, les dépenses – notamment d’investissement – augmentent à un rythme soutenu. Le déficit budgétaire s’est ainsi creusé à –68,8 milliards de dirhams, reflétant un choix assumé de soutien à l’activité, mais au prix d’un besoin de financement plus élevé
Enfin, les marchés financiers évoluent dans un climat plutôt favorable. La politique monétaire demeure accommodante, avec un taux directeur maintenu à 2,25 %. La Bourse de Casablanca affiche une performance remarquable : l’indice MASI progresse de 27,6 % en glissement annuel, portée par la confiance des investisseurs et la liquidité globale du système
Au final, l’économie marocaine entre en 2026 sans illusion mais sans panique. Sa croissance est réelle, ses fondamentaux tiennent, mais sa dépendance à un environnement international incertain reste un point de vulnérabilité majeur.
Le défi n’est plus seulement de croître, mais de transformer cette croissance en résilience durable, en renforçant la compétitivité industrielle, en consolidant les services exportables et en maîtrisant les équilibres macroéconomiques. Une équation complexe, mais désormais incontournable.