Un signal biologique, pas un verdict alimentaire
Trois quarts des édulcorants testés ont modifié la croissance d'au moins une souche de bactérie intestinale. Plus de cent interactions sont apparues lorsque les chercheurs les associaient notamment à la caféine, à la vanilline ou à un médicament. L'expérience est utile pour identifier des mécanismes possibles, mais un microbiote humain est infiniment plus complexe qu'un ensemble limité de bactéries cultivées. Les doses réelles, l'alimentation, les autres médicaments, la génétique et la composition initiale du microbiote peuvent modifier l'effet. Il serait donc trompeur d'annoncer que tous les édulcorants « détruisent l'intestin ».
Ne pas remplacer une exageration par une autre
Un produit sans sucre n'est pas automatiquement sain, mais le sucre en grande quantite n'est pas une meilleure solution. Le lecteur peut reduire progressivement son gout pour le tres sucre, lire les etiquettes et privilegier l'eau plutot que multiplier les boissons sucrees ou edulcorees. Une personne diabetique ne doit pas modifier brutalement son alimentation ou son traitement sur la base de cette etude. Les interactions observees avec un antidepresseur ne justifient surtout pas son arret. Les chercheurs demandent eux-memes des travaux complementaires chez l'humain. Niveau de preuve : preliminaire, experimental.