Égalité pour l’héritage : Plus 70% des Marocains disent Non


Rédigé par le Jeudi 1 Février 2024

En ce qui concerne la réforme de la Moudawana, la demande d'égalité dans l'héritage entre hommes et femmes, émise comme l'une des principales revendications par les ONG, n'est pas approuvée par la majorité des Marocains, d'après la dernière enquête de L’Économiste-Sunergia, selon une revue de presse d'Al Ahdath Al Maghribia.



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Malgré les revendications émises par plusieurs associations et ONG dans le contexte de la réforme de la Moudawana, la société semble manifestement hésitante voire réticente à l'égard de certaines mesures jugées controversées, comme le souligne la dernière enquête de L’Économiste-Sunergia.

Une des mesures suscitant des débats au sein de la société concerne principalement l'égalité des parts d'héritage entre hommes et femmes. Bien que revendiquée par plusieurs associations et ONG auditionnées par l'instance chargée de la révision du Code de la famille, cette mesure ne recueille l'adhésion que de 24% des personnes sondées. En effet, 7 Marocains sur 10 s'opposent à l'instauration de l'égalité entre hommes et femmes dans le droit successoral.

En ce qui concerne les hommes, l'enquête de L’Économiste-Sunergia révèle que 76% des personnes interrogées se sont prononcées contre le principe de l'égalité entre hommes et femmes dans l'héritage.

De manière similaire, 62% des femmes se sont également prononcées contre l'égalité entre les genres dans les dispositions du droit successoral.

En termes de tranches d'âges, le pourcentage le plus élevé en faveur de cette évolution concerne les séniors de plus de 65 ans, représentant 36% des personnes sondées. Pour les plus jeunes (18 à 24 ans), 34% sont favorables au principe de l'égalité des genres dans l'héritage.

Les données recueillies indiquent également une évolution plus marquée dans le monde rural par rapport aux zones urbaines. Ainsi, 31% des personnes sondées dans le monde rural sont en faveur de l'égalité dans l'héritage, comparé à 20% des citadins.

Selon les Catégories socioprofessionnelles (CSP), la résistance à ce changement varie d'une catégorie à l'autre : 65% des personnes appartenant aux CSP D et E se sont prononcées contre l'égalité des genres dans l'héritage, tandis que ce chiffre monte à 78% pour les CSP A et B.

Contrairement à la question de l'héritage, qui continue de diviser la société, l'enquête de L’Économiste-Sunergia indique qu'un consensus semble se dégager en ce qui concerne la réforme du système de tutelle légale des enfants : selon cette enquête, 74% des sondés estiment que les mères devraient bénéficier du statut de tuteur légal de leurs enfants, au même titre que les pères.

#Héritage#Moudawana- Droits de la femme-parité#Sondage





Journaliste sportive et militante féministe, lauréate de l'ISIC En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 1 Février 2024
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