Le Kenya prépare sa petite saison des pluies face au renforcement attendu d’El Niño. Le plan présenté par le ministère kényan de l’Intérieur commence par la cartographie des zones vulnérables, l’entretien des réseaux de drainage et l’identification de lieux de refuge. Il prévoit aussi des stocks de vivres et de médicaments ainsi qu’une information des habitants susceptibles d’être évacués.
Selon RFI, la Croix-Rouge kényane estime que 46 comtés sur 47 pourraient recevoir des pluies supérieures à la normale. Africanews rapporte également la préparation des équipes d’intervention rapide et des systèmes d’alerte communautaires. Ces deux récits convergent sur un point : l’anticipation associe données météorologiques, infrastructures urbaines et organisation locale des secours.
Cette expérience n’annonce pas mécaniquement le même scénario au Maroc. Les effets d’El Niño varient selon les régions et doivent être interprétés par les services météorologiques compétents. Elle offre néanmoins une grille de lecture utile aux collectivités marocaines : repérer les points bas, vérifier les canalisations, préparer les itinéraires d’évacuation et adapter les messages d’alerte aux quartiers les plus exposés. La leçon tient moins à la prévision isolée qu’à sa traduction en mesures opérationnelles.
Le précédent kényan rappelle aussi le coût humain d’une préparation insuffisante. RFI attribue à la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge un bilan de 490 morts et 790 000 déplacés au Kenya lors de l’épisode de 2023 et 2024. Pour le Maroc, l’intérêt concret consiste à tester les chaînes d’alerte avant la crise, tout en évitant de transposer sans expertise locale des prévisions établies pour l’Afrique de l’Est.