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Élections américaines, correction technologique et pétrole en baisse : les marchés internationaux se réajustent


Rédigé par AFI le Samedi 7 Novembre 2026



Focus de la semaine : élections américaines et risque politique

Les élections de mi-mandat du 3 novembre ont donné aux démocrates le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat. Le président américain devra donc composer avec un Congrès d’opposition à partir de janvier 2027. Cette configuration réduit sa capacité à faire adopter de nouvelles mesures fiscales ou budgétaires, sans supprimer ses pouvoirs exécutifs.
 
La réaction des marchés s’est déroulée en deux temps. Pendant le dépouillement, les contrats à terme du Nasdaq 100 ont perdu jusqu’à 2,4%, les investisseurs redoutant une surveillance accrue des investissements dans l’intelligence artificielle et des centres de données. Mercredi, les actions américaines ont toutefois rebondi : la clarification du résultat et la perspective d’un pouvoir partagé ont favorisé le retour de l’appétit pour le risque. Les opérateurs de centres de données sont restés sous pression, contrairement à certaines grandes entreprises technologiques disposant d’importantes liquidités.
 
Les obligations américaines ont également progressé, entraînant une baisse des rendements, tandis que le dollar reculait. Les investisseurs anticipaient notamment qu’un Congrès démocrate pourrait limiter les nouvelles baisses d’impôts et dépenses présidentielles, réduisant les perspectives de relance et d’endettement supplémentaires. Il s’agit d’anticipations de marché, non de décisions déjà prises.
 
Plus généralement, les élections influencent les prix financiers par les politiques attendues : fiscalité, dépenses publiques, réglementation et commerce extérieur. Leurs effets varient selon les secteurs et les actifs : une mesure favorable aux bénéfices peut aussi accroître les déficits, les rendements obligataires et les coûts de financement.
 
Le facteur décisif est souvent la surprise par rapport aux attentes, plutôt que l’étiquette du vainqueur. Une issue claire peut réduire l’incertitude, mais les négociations budgétaires et l’application des programmes restent déterminantes. Enfin, les mouvements observés autour d’un scrutin ne lui sont jamais exclusivement attribuables : résultats d’entreprises, pétrole, emploi et anticipations de politique monétaire continuent d’orienter simultanément les marchés.
 
 
L’Essentiel du calendrier économique international du 2 au 6 novembre 2026
Du 2 au 6 novembre, l’activité mondiale évolue à plusieurs vitesses, entre industrie américaine résistante et consommation européenne décevante. Au Brésil, la réélection de Lula continue d’alimenter la vigilance budgétaire après la chute initiale du real et la hausse des rendements obligataires : ces réactions datent de la semaine précédente, non du calendrier présent. Les élections américaines constituent l’autre rendez-vous politique majeur.
 
Chine
Le PMI manufacturier RatingDog atteint 52 en octobre, contre 51,6 attendu : l’expansion industrielle résiste, malgré un léger ralentissement depuis 52,1. Les services déçoivent davantage, à 50,8 contre 51,5 attendu, après 51,6, suggérant une croissance moins équilibrée.
 

 
Japon
Le compte rendu de politique monétaire publié jeudi confirme une orientation restrictive : poursuivre les hausses de taux, voire accélérer si l’inflation dépasse les prévisions.
 
Corée du Sud
Le PMI manufacturier ralentit à 51,3, après 53,9, tout en restant en expansion. L’inflation annuelle descend à 2,8% en octobre, sous les 2,9% attendus, apportant un léger répit sur les prix. Les exportations ont augmenté de 93,7% en octobre en glissement annuel contre 93,2% attendus.
 
Inde
En Inde, le PMI composite monte à 56,2 en octobre, après 55,9, mais déçoit face aux 56,7 attendus. Les services progressent à 55,8, contre 56,2 attendu, tandis que l’industrie ralentit à 54,7, contre 54,8 anticipé. Les réserves de change diminuent légèrement à 717,06 milliards de dollars, contre 719,75 milliards précédemment.
 
Europe continentale
L’inflation annuelle de la zone euro atteint 4%, conformément au consensus, tandis que l’inflation sous-jacente reste à 2,5%. Les ventes au détail reculent de 0,7% mensuellement, contre −0,1% attendu. En Allemagne, elles chutent de 2,3% sur un an ; la production industrielle surprend toutefois favorablement à +0,7% mensuellement, contre une stabilité attendue.
 

 
 
Royaume-Uni
La Banque d’Angleterre relève son taux de 3,75% à 4%, comme attendu. Cette restriction accompagne une construction fragilisée : son PMI tombe à 43,6, contre 46,1 attendu. Les prix immobiliers reculent de 1,2% sur un an, contre −0,3% anticipé.
 
États-Unis
L’ISM manufacturier monte à 55,5 en octobre, contre 54,6 attendu, tandis que celui des services déçoit légèrement à 54,5, contre 54,8. Les offres d’emploi JOLTS atteignent 7,523 millions en septembre, contre 7,10 millions attendus. Le rapport d’octobre confirme la résilience de l’emploi : 165 000 postes non agricoles sont créés, contre 65 000 attendus et 60 000 en septembre après révision. Le chômage descend à 4,1%, contre 4,2% attendu. Enfin, l’indice de confiance préliminaire de l’Université du Michigan remonte à 51 en novembre, contre 48 attendu, suggérant une amélioration du moral des ménages.

 
Canada
Les indicateurs demeurent contrastés : le PMI manufacturier repasse en contraction à 49,6 en octobre, après 51,5, tandis que l’excédent commercial atteint 5,35 milliards de dollars canadiens en septembre, contre 4,1 milliards attendus. Le marché du travail déçoit : 4 700 emplois sont supprimés en octobre, contre 13 600 créations anticipées, et le chômage monte à 6,7%, contre 6,5% attendu.
 
Brésil
Le taux directeur reste à 13,75%, conformément au consensus. La production industrielle baisse de 0,8% mensuellement, contre −0,2% attendu ; le PMI des services chute à 44,5 après 49,2. La crédibilité budgétaire devient donc essentielle pour stabiliser la dette et la devise.
 
Principaux indices mondiaux, pétrole et or le 6 novembre 2026 à 16h

Une semaine dominée par la défiance envers l’IA
Les marchés ont subi une nouvelle vague d’aversion au risque, concentrée sur la technologie. La victoire démocrate aux élections américaines a ravivé les craintes d’encadrement des investissements dans l’intelligence artificielle, tout en nourrissant les espoirs de désescalade en Iran. L’Europe résiste mieux que l’Asie, le pétrole chute et l’or bénéficie des arbitrages défensifs.
 
Principaux indices et matières premières

Le MSCI World recule de 2,27% sur la semaine. Le poids des grandes capitalisations américaines et la correction japonaise pénalisent l’indice. Au-delà du risque réglementaire, les investisseurs questionnent désormais la rentabilité des dépenses massives consacrées aux infrastructures d’IA, souvent financées par endettement. La recherche de sécurité favorise parallèlement les obligations.
 
Le MSCI Emerging Markets abandonne 4,17%. Son exposition aux semi-conducteurs taïwanais et sud-coréens amplifie la contagion du décrochage technologique américain. Les inquiétudes sur les commandes futures, auxquelles s’ajoutent des ventes forcées liées aux appels de marge, accentuent les dégagements. Cette faiblesse masque toutefois des divergences, les marchés moins dépendants de l’IA résistant davantage.
 
En Chine, le CSI 300 gagne 1,73%, Shanghai 1,39% et le ChiNext 2,14%, malgré leur repli vendredi. Les actions continentales se distinguent grâce au renforcement des mesures de stabilisation évoqué par les investisseurs. Elles retrouvent aussi un intérêt comme diversification face aux portefeuilles internationaux fortement dépendants du thème de l’IA américaine.
 
Au Japon, le Nikkei 225 plonge de 9,25%. Les valeurs liées aux puces et SoftBank concentrent les ventes, dans le prolongement du choc américain. La hausse du coût de protection contre un défaut de SoftBank illustre l’élargissement des inquiétudes aux financements de l’écosystème IA. L’ampleur du mouvement traduit un désengagement brutal des positions technologiques.
 
En Europe continentale, la résistance est plus nette : le STOXX 600, référence paneuropéenne incluant également le Royaume-Uni, conserve 0,12%. Sa moindre dépendance aux géants technologiques amortit le choc. Les équipementiers exposés aux centres de données, notamment ASML, Schneider Electric et Siemens Energy, restent néanmoins vulnérables à la réévaluation des perspectives d’investissement.
 
Au Royaume-Uni, le FTSE 100 cède 0,67%. Les banques et les groupes miniers ont pesé sur la cote pendant la semaine. Son profil moins technologique limite toutefois les dégâts relativement aux marchés américains et japonais, sans le protéger entièrement de la dégradation générale de l’appétit pour le risque.
 
Aux États-Unis, le S&P 500 perd 2,04%, le Nasdaq 100 4,33% et le Dow Jones 0,37%. Cette dispersion souligne la concentration des ventes sur la croissance technologique. Les craintes de restrictions sur les centres de données s’ajoutent aux valorisations élevées et aux doutes sur les rendements futurs, malgré une tentative de rebond vendredi.
 
Le Brent chute de 17,43%. Les perspectives de désescalade en Iran réduisent la prime géopolitique, malgré les attaques persistantes contre les pétroliers. L’or progresse inversement de 4,26%, soutenu par la recherche de protection, même si les anticipations de taux durablement élevés freinent son ascension.
 
Calendrier économique africain du 2 au 6 novembre 2026
Du 2 au 6 novembre, le calendrier africain révèle une activité privée à plusieurs vitesses : expansion au Nigéria, contraction persistante en Égypte et en Afrique du Sud. Les trajectoires d’inflation divergent également. Aucun consensus n’étant renseigné dans l’Excel, les comparaisons portent sur les publications précédentes, sans pouvoir qualifier les résultats de surprises.
 
Afrique du Sud
Le PMI manufacturier ABSA remonte à 49,6 en octobre, après 48,7, mais reste sous le seuil de 50 : la contraction s’atténue sans laisser place à une expansion. Le PMI S&P Global demeure à 49. Les ventes de véhicules neufs progressent légèrement à 61 890 unités.
 
Égypte
Le PMI reste à 47,2, témoignant d’une contraction persistante du secteur privé non pétrolier. Toutefois, l’inflation annuelle ralentit à 12,7% en octobre, après 13,9%. Les réserves de change augmentent légèrement à 57,5 milliards de dollars, tandis que l’agrégat monétaire M2 progresse de 17,2% sur un an en septembre, après 17%.
 
Nigéria
Le PMI Stanbic IBTC recule à 55,7, après 56,4. L’activité continue donc de croître, mais moins rapidement : ce ralentissement ne doit pas être assimilé à une contraction.
 
Maroc
La masse monétaire M2 augmente de 12,2% en glissement annuel en septembre, après 12%. Le chômage atteint 10,5% au troisième trimestre, contre 9,5% précédemment. Il s’agit d’un niveau trimestriel.
 
Kenya
Le PMI Stanbic monte à 52,5 en octobre, après 51,3, son meilleur niveau de l’année. Les nouvelles commandes accélèrent, particulièrement dans l’industrie manufacturière, tandis que la construction reste en retrait. Toutefois, la hausse des coûts des intrants, notamment du carburant et du transport, ainsi que les difficultés de trésorerie limitent la progression de la production et des recrutements.
 

 
 
Côte d’Ivoire
Le 3 novembre, l’État lève 44,2 milliards de FCFA sur le marché régional, pour 80 milliards proposés et 129,3 milliards de soumissions. La demande dépasse donc l’offre initiale, mais le Trésor n’en retient qu’une partie. Les rendements moyens ressortent à 6,26% sur trois ans, 7,05% sur cinq ans et 7,17% sur sept ans, illustrant le coût du financement selon les échéances.
 
Autres pays africains
L’inflation annuelle ralentit en Éthiopie à 14,6% et en Angola à 8,16%, mais accélère au Ghana à 5,5% et en Namibie à 5,6%. Elle reste stable en Tunisie à 5,6%. Madagascar maintient son taux directeur à 12,5%. En Ouganda, l’indice du climat des affaires recule et le déficit commercial se réduit à 980,1 millions de dollars.
 
MSCI Frontier et principaux indices africains le 6 novembre 2026 à 16h

Le MSCI Frontier Markets progresse de 0,26% sur la semaine, affichant une résilience relative, mais sans mouvement uniforme : le Kenya avance tandis que la BRVM recule.
 
Le FTSE JSE All Africa 40 bondit de 6,27%, dans un environnement particulièrement favorable aux valeurs minières sud-africaines. La remontée de l’or et la baisse du pétrole constituent deux soutiens complémentaires : amélioration des perspectives de revenus pour les producteurs aurifères et allégement potentiel des coûts énergétiques. Ces facteurs éclairent le contexte du rebond, sans constituer une décomposition chiffrée de la contribution des composantes de l’indice.
 
En Afrique du Sud, le Top 40 gagne 5,33%. AngloGold Ashanti et Gold Fields bénéficient du renchérissement du métal jaune, tandis que Naspers participe au mouvement grâce à l’amélioration du sentiment envers les actions chinoises. La forte hausse de jeudi comprend également un rattrapage après la fermeture du marché mercredi pour les élections locales. Le rebond repose ainsi sur plusieurs moteurs identifiables, plutôt que sur les seuls indicateurs économiques.
 
En Égypte, l’EGX 30 avance de 3,14%. Les achats étrangers soutiennent la dernière séance de la semaine, marquée par une troisième hausse consécutive et une progression largement partagée entre les valeurs. Les banques concentrent une part importante des échanges, tandis que plusieurs producteurs d’engrais enregistrent de fortes hausses jeudi. Ces mouvements témoignent d’un regain d’appétit pour les actions, au-delà des publications macroéconomiques.
 
Au Nigéria, le NSE 30 recule de 2,19%. Les dégagements sur les grandes capitalisations expliquent la pression : jeudi, Dangote Cement et Presco perdent chacun 10%, tandis que plusieurs banques, dont GTCO, Zenith Bank et UBA, terminent également en baisse. La concentration des ventes sur des poids lourds éclaire le recul, malgré des achats sélectifs sur d’autres titres.
 
Au Kenya, le NSE 20 a gagné 2,18% dans un marché soutenu par les résultats semestriels de Safaricom et les achats bancaires. Jeudi, Safaricom progressait de 3,68% et KCB de 2,27%, tandis que l’indice bancaire avançait de 1,41%. Cela semble surtout refléter des achats locaux, plutôt qu’un retour généralisé des investisseurs étrangers. Jeudi, les intervenants domestiques représentaient 68,31% des échanges, absorbant des ventes étrangères nettes proches de 61 millions de shillings, alors que l’indice gagnait 0,73%.
 
À la BRVM, le Composite cède 2,61%, à 520,74 points. Le recul hebdomadaire de 2,61% reflète notamment la pression sur les télécommunications et les industrielles. Jeudi, ces secteurs ont perdu respectivement 3,32% et 4,63%, tandis que Sonatel chutait de 4,59%. Cette séance explique une partie du repli, sans permettre d’attribuer toute la baisse hebdomadaire.
 
Implications pour le marché marocain
À Casablanca, le rebond du MASI (+4,72%) et du MASI 20 (+5,57%) corrige la baisse précédente, sans confirmer encore une reprise durable. La surperformance des grandes capitalisations constitue néanmoins un signal plus encourageant.
 
Le retournement des matières premières améliore le contexte : le Brent (−17,43%) pourrait alléger les coûts énergétiques et logistiques, tandis que l’or (+4,26%) soutient les perspectives des producteurs aurifères. La transmission dépendra des couvertures, des stocks, du dollar et des volumes ; les distributeurs pétroliers ne bénéficient pas mécaniquement d’un pétrole moins cher.
 
La sélectivité reste donc essentielle : privilégier la visibilité des marges, la génération de trésorerie et la solidité financière plutôt que d’extrapoler le rebond. La détente énergétique offre un soutien potentiel, non une garantie de progression boursière. Les volumes échangés, la participation sectorielle, les rendements obligataires locaux et les prochaines publications devront confirmer l’amélioration avant de conclure à un changement durable de tendance sur le marché marocain.

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Samedi 7 Novembre 2026
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