L’économie marocaine crée des emplois, mais une part significative reste instable, faiblement rémunérée, sans protection sociale réelle.
Pour de nombreux jeunes, notamment dans les zones rurales et périphériques, travailler ne signifie pas forcément sortir de la vulnérabilité. Cette situation n’est pas seulement socialement injuste, elle est économiquement inefficace.
La précarité a un coût. Un jeune qui enchaîne des emplois informels ou temporaires investit peu dans ses compétences, consomme moins, épargne rarement et reste exposé au moindre choc.
À l’échelle macroéconomique, cette fragilité généralisée freine la demande intérieure, limite la montée en gamme des entreprises et entretient un cercle de faible productivité.
Le secteur informel, où se concentre une grande partie de l’emploi des jeunes, illustre ce paradoxe. Il offre une capacité d’absorption rapide, mais au prix d’une insécurité permanente.
L’enjeu n’est donc pas de le supprimer brutalement, mais de l’intégrer progressivement. La Charte évoque cette transition avec prudence, en appelant à des formes d’intégration adaptées, tenant compte des réalités économiques locales.
La précarité a un coût. Un jeune qui enchaîne des emplois informels ou temporaires investit peu dans ses compétences, consomme moins, épargne rarement et reste exposé au moindre choc.
À l’échelle macroéconomique, cette fragilité généralisée freine la demande intérieure, limite la montée en gamme des entreprises et entretient un cercle de faible productivité.
Le secteur informel, où se concentre une grande partie de l’emploi des jeunes, illustre ce paradoxe. Il offre une capacité d’absorption rapide, mais au prix d’une insécurité permanente.
L’enjeu n’est donc pas de le supprimer brutalement, mais de l’intégrer progressivement. La Charte évoque cette transition avec prudence, en appelant à des formes d’intégration adaptées, tenant compte des réalités économiques locales.
Du point de vue de l’État, l’emploi précaire est un mauvais calcul budgétaire.
Il réduit l’assiette fiscale, fragilise les régimes de protection sociale et reporte les coûts sur les familles. À long terme, il augmente les dépenses publiques liées à la santé, à l’assistance et parfois à la sécurité.
Investir dans l’emploi décent, au contraire, permet de stabiliser les parcours et de sécuriser les recettes.
L’entrepreneuriat des jeunes, souvent présenté comme une solution miracle, doit lui aussi être relu à l’aune de la dignité économique. Créer son activité sans protection, sans accompagnement durable et sans accès au financement, revient parfois à déplacer la précarité plutôt qu’à la résoudre.
Soutenir l’entrepreneuriat implique donc de structurer des écosystèmes solides, pas seulement de distribuer des aides ponctuelles.
La question est particulièrement sensible dans les territoires ruraux. Là où l’emploi formel est rare, la tentation est grande d’accepter n’importe quelle activité.
Pourtant, ces territoires disposent de gisements économiques réels : agriculture à valeur ajoutée, agro-transformation, artisanat structuré, services de proximité.
Transformer ces activités en emplois décents suppose des politiques publiques cohérentes, articulant formation, financement et accès au marché.
Investir dans l’emploi décent, au contraire, permet de stabiliser les parcours et de sécuriser les recettes.
L’entrepreneuriat des jeunes, souvent présenté comme une solution miracle, doit lui aussi être relu à l’aune de la dignité économique. Créer son activité sans protection, sans accompagnement durable et sans accès au financement, revient parfois à déplacer la précarité plutôt qu’à la résoudre.
Soutenir l’entrepreneuriat implique donc de structurer des écosystèmes solides, pas seulement de distribuer des aides ponctuelles.
La question est particulièrement sensible dans les territoires ruraux. Là où l’emploi formel est rare, la tentation est grande d’accepter n’importe quelle activité.
Pourtant, ces territoires disposent de gisements économiques réels : agriculture à valeur ajoutée, agro-transformation, artisanat structuré, services de proximité.
Transformer ces activités en emplois décents suppose des politiques publiques cohérentes, articulant formation, financement et accès au marché.
Il y a également une dimension générationnelle.
Une jeunesse qui travaille sans perspective de progression développe un sentiment de stagnation, voire de déclassement. Ce malaise a des répercussions directes sur la cohésion sociale et la confiance dans l’avenir.
Une économie ne peut pas durablement prospérer sur une main-d’œuvre démotivée.
La Charte du 11 Janvier propose implicitement un changement de paradigme : passer d’une logique de simple absorption du chômage à une logique de construction de trajectoires professionnelles viables.
Cela suppose d’accepter que la qualité de l’emploi est un indicateur de performance économique, au même titre que la croissance ou l’investissement.
À l’horizon du dividende démographique, le Maroc fait face à un choix clair. Soit il continue à tolérer une précarité massive, au risque d’en payer le prix économique et social.
Soit il fait de l’emploi décent un pilier de sa stratégie de développement. Dans ce second cas, la jeunesse n’est plus une variable d’ajustement, mais une force productive stabilisée, capable de porter la croissance sur la durée.
Une économie ne peut pas durablement prospérer sur une main-d’œuvre démotivée.
La Charte du 11 Janvier propose implicitement un changement de paradigme : passer d’une logique de simple absorption du chômage à une logique de construction de trajectoires professionnelles viables.
Cela suppose d’accepter que la qualité de l’emploi est un indicateur de performance économique, au même titre que la croissance ou l’investissement.
À l’horizon du dividende démographique, le Maroc fait face à un choix clair. Soit il continue à tolérer une précarité massive, au risque d’en payer le prix économique et social.
Soit il fait de l’emploi décent un pilier de sa stratégie de développement. Dans ce second cas, la jeunesse n’est plus une variable d’ajustement, mais une force productive stabilisée, capable de porter la croissance sur la durée.