Emploi et IA : mesurer les tâches avant de promettre ou de redouter


Rédigé par La Redaction le Samedi 19 Septembre 2026

Une enquête internationale montre que la crainte de destructions d’emplois liées à l’intelligence artificielle dépasse désormais l’espoir de créations de postes. Le rapport du Pew Research Center repose sur plus de 50 000 personnes interrogées entre février et juin 2026 dans 37 pays. Le Maroc n’est pas présenté comme un terrain de cette enquête : les résultats ne doivent donc pas être transposés mécaniquement.



Dans les pays étudiés, les réponses restent partagées. Une médiane de 37 % des personnes se dit davantage inquiète qu’enthousiaste face à l’IA, tandis que 41 % se déclare à la fois inquiète et enthousiaste. En Australie, en Corée du Sud et aux États-Unis, environ sept adultes sur dix, voire davantage, anticipent des pertes d’emplois au cours des vingt prochaines années. Ces données mesurent des perceptions, pas des suppressions effectivement constatées.

  Pour le Maroc, l’intérêt concret réside dans la méthode. Les entreprises, les administrations et les établissements de formation gagneraient à distinguer les métiers des tâches qui les composent : certaines peuvent être automatisées, d’autres renforcées par l’outil, et d’autres encore exigent jugement, relation humaine ou responsabilité. Une observation régulière des besoins en compétences serait plus utile qu’un débat limité à l’opposition entre optimisme et peur.

  La jeunesse et les secteurs marocains fortement exposés au numérique, notamment les services, doivent pouvoir participer à cette évaluation. L’enjeu est d’accompagner l’innovation par la formation continue, la mobilité professionnelle et un dialogue social documenté. Le signal international invite ainsi à construire une transition inclusive, sans prétendre que les résultats observés ailleurs décrivent déjà le marché du travail marocain.




Samedi 19 Septembre 2026
Dans la même rubrique :