Entreprises familiales africaines, Maroc, Zlecaf, IFC

Marrakech consacre l’essor panafricain francophone


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 9 Février 2026

À Marrakech, la première édition africaine de la Journée des entreprises familiales francophones a marqué un tournant discret mais décisif. L’Afrique entrepreneuriale, longtemps perçue comme périphérique, s’est imposée au cœur des débats. Le Maroc, hôte et facilitateur, a joué un rôle d’entraînement assumé, entre transmission de savoir-faire et ambition panafricaine.



Marrakech n’a pas seulement accueilli un rendez-vous de plus dans l’agenda économique. La ville ocre a servi de théâtre à un moment fondateur pour l’entreprise familiale africaine. Pour la première fois sur le continent, la Journée des entreprises familiales francophones (JEFF) a réuni des dirigeants venus du Maroc, de Côte d’Ivoire, du Mali, de Tunisie, mais aussi de France, de Belgique, de Suisse, du Liban et de l’île Maurice. Une diversité qui, à elle seule, racontait déjà une histoire : celle d’un modèle entrepreneurial résilient, en quête d’ancrage africain.
 

Organisé par l’Institut de l’entreprise familiale (IEF) Maroc, en partenariat avec la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, l’événement a surpris par la densité de ses échanges. Plusieurs participants européens l’ont reconnu sans détour : la « vraie surprise » est venue d’Afrique. Des parcours, des stratégies, parfois rugueuses, souvent pragmatiques, loin des discours lissés.


Le Maroc, catalyseur reconnu sur la scène continentale

Les prises de parole de Kacem Bennani Smires, président de l’IEF Maroc et du Groupe Delassus, de Cheick Oumar Sylla, directeur régional d’IFC pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique, et d’Alfonso Libano, président de FBN International, ont souligné un constat partagé : le Maroc s’est imposé comme une plateforme crédible pour structurer ce débat. Le Royaume a été salué pour son rayonnement continental, renforcé, selon les intervenants, par l’organisation réussie de la CAN, symbole d’un savoir-faire logistique et institutionnel désormais reconnu.
 

Mais derrière les formules protocolaires, un message plus stratégique s’est imposé. L’entreprise familiale africaine n’est plus un acteur de second rang. Elle détient, pour reprendre les mots de Kacem Bennani Smires, « les clés de l’intégration économique du continent ». Une affirmation qui trouve un écho particulier à l’heure de la mise en œuvre progressive de la Zlecaf.


Zlecaf et gouvernance : du discours à l’opérationnel

Les discussions ont rapidement quitté le terrain des intentions pour aborder celui des pratiques. Alliances régionales, gouvernance à long terme, rôle de la nouvelle génération : autant de thèmes abordés lors d’ateliers concrets. L’exemple de Mossadeck Bally, fondateur du Groupe Azalai Hotels, est revenu à plusieurs reprises. Son parcours illustre une ambition assumée : bâtir des ponts économiques panafricains sans renier l’ADN familial.
 

Particularité notable de cette édition : nombre d’entreprises africaines présentes ne sont pas encore membres du réseau FBN International. Le Maroc a pourtant fait le choix de les convier. Une démarche volontaire, presque militante, visant à partager une expérience récente mais structurante en matière de gouvernance familiale.

Cette première JEFF africaine ne se résume donc pas à un événement. Elle pose les bases d’une dynamique nouvelle : celle d’une Afrique entrepreneuriale francophone qui mise sur la transmission, la coopération et le long terme. Avec le Maroc en éclaireur, l’entreprise familiale pourrait bien devenir l’un des leviers les plus discrets, mais les plus solides, de l’intégration économique continentale.





Lundi 9 Février 2026
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