Episode 2 - Spécial Dar Maalma Expo 2026 : la formation, moteur de l’artisanat féminin africain


La deuxième partie de l’émission spéciale consacrée à Dar Maalma Expo 2026 et au 4ᵉ Congrès des Femmes Artisanes Africaines place un sujet décisif au centre du débat : la formation. Car pour les femmes artisanes, le savoir-faire ne peut plus rester seulement un héritage transmis de génération en génération. Il doit aussi devenir une force économique, une compétence commercialisable et un passeport vers de nouveaux marchés.



De l’apprentissage à l’autonomie économique :

Organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, cet événement réunit à Casablanca des artisanes, des professionnels de la mode, des formateurs et des acteurs institutionnels autour d’une ambition commune : faire de l’artisanat féminin africain un levier durable d’autonomie, de création et de développement.

L’émission rappelle d’abord que l’accompagnement des artisanes ne peut pas se limiter à un salon, une exposition ou un défilé. Il s’inscrit dans un processus plus long, fait de formation continue, de mentorat, d’ouverture à de nouvelles pratiques et de mise en réseau.

Franck Clair, responsable de la formation et président fondateur du SFARM Paris, revient sur son engagement auprès des artisanes marocaines depuis plusieurs années. Son approche repose sur des ateliers, des masterclass et un suivi qui se poursuit parfois à distance, notamment grâce aux réseaux sociaux.

L’enjeu est concret : apprendre à mieux présenter une création, raconter son histoire, dialoguer avec un client, définir un prix et adapter un produit aux attentes du marché. Une pièce artisanale peut avoir une immense valeur culturelle ; encore faut-il qu’elle trouve les bonnes conditions pour rencontrer son public.

L’exemple évoqué dans l’émission est parlant : revisiter un bijou traditionnel pour en faire un collier contemporain, sans perdre son identité ni son âme. Cette démarche ne consiste pas à effacer la tradition, mais à lui offrir une nouvelle vie.

L’Afrique comme espace de synergie

Au-delà du Maroc, la dimension africaine constitue l’un des piliers du projet. À travers l’implication de Mariam Shfelli et du cabinet AIDA, le réseau s’ouvre à plusieurs pays du continent : Sénégal, Niger, Mali, Burkina Faso et d’autres horizons africains.

Cette ouverture permet de créer un espace de dialogue entre les matières, les styles, les techniques et les récits. L’artisane marocaine ne travaille plus isolément dans son atelier ; elle devient partie prenante d’un mouvement continental, où les savoir-faire circulent et se répondent. 🌍

Les participantes y trouvent des opportunités de coopération, mais aussi une reconnaissance nouvelle. L’artisanat féminin devient un langage économique, culturel et humain, capable de relier les territoires sans effacer leurs singularités.

Des réseaux pour sortir de l’isolement

L’un des messages essentiels de cette deuxième partie tient dans la force du collectif. Les artisanes ont besoin de formations, mais aussi de réseaux solides : structures d’accompagnement, institutions, partenaires économiques, chambres de métiers, associations et représentations diplomatiques.

Cette dynamique permet d’améliorer la visibilité des créations, de faciliter la participation à des événements internationaux et d’ouvrir des perspectives commerciales. Elle contribue également à protéger les artisanes contre l’isolement, la sous-valorisation de leur travail et les difficultés d’accès au marché.

Le congrès des femmes artisanes africaines apparaît ainsi comme un carrefour : un lieu de rencontres, de partage d’expériences et de construction d’alliances concrètes.

Préserver l’héritage, inventer l’avenir

La transmission reste au cœur de cette ambition. Les métiers de la broderie, du tissage, du bijou, du cuir, du caftan ou de la décoration traditionnelle représentent un patrimoine vivant. Mais ce patrimoine ne pourra survivre que s’il est transmis aux jeunes générations dans des conditions adaptées aux réalités contemporaines.

Former, c’est donc préserver. Mais former, c’est aussi innover, digitaliser, mieux vendre, mieux communiquer et oser de nouvelles collaborations.

Dar Maalma Expo 2026 défend ainsi une vision claire : les femmes artisanes africaines ne doivent pas être considérées comme de simples gardiennes du passé. Elles sont des créatrices, des entrepreneures et des actrices majeures du développement local et continental. 💡

 
L’artisanat ne demande pas seulement d’être admiré. Il doit être soutenu, structuré et reconnu à sa juste valeur.
Dimanche 28 Juin 2026

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